Baldwin, Giovanni, Hurston : dans son album, Jamila Woods salue ses modèles

Antoine Oury - 10.05.2019

Patrimoine et éducation - A l'international - Jamila Woods legacy - Baldwin Jamila Woods - Jamila Woods album


La poète, chanteuse et musicienne Jamila Woods sort ce 10 mai son nouvel album, Legacy! Legacy!, dans lequel elle rend hommage aux figures qui l'ont inspirée et à l'héritage laissé par différents artistes noirs et afro-américains. Parmi eux, quelques auteurs, comme James Baldwin, Nikki Giovanni et Zora Neale Hurston, dont les styles ont profondément marqué l'univers créatif de Jamila Woods.


 

À l'intersection où se croisent jazz, soul et rap, Jamila Woods avait attiré l'attention avec HEAVN, son premier album : avec Legacy! Legacy!, elle chercherait plutôt à rediriger les regards vers des artistes noirs dont les œuvres et héritages se retrouveraient trop souvent, à son goût, instrumentalisés, détournés, dénaturés. Sur son deuxième album, chaque titre porte le nom ou le prénom d'un de ces artistes qui ont tant compté dans son parcours.

Parmi eux, plusieurs auteurs et autrices : Jamila Woods elle-même, poète, a publié au sein de plusieurs anthologies et travaille, à Chicago, au sein d'un organisme tourné vers l'éducation des jeunes et le développement de leurs capacités d'écriture.

L'un des premiers titres écrits par Woods porte sur James Baldwin : le titre qu'il a inspiré devait même se retrouver sur son précédent album. La chanteuse a eu du mal à écrire le texte, explique-t-elle, inspirée par un conseil de Baldwin à l'un de ses neveux : si les Blancs voient parfois les Noirs comme des animaux ou des ennemis, il faut leur proposer l'amour — « Ces personnes innocentes, nous devons les accepter avec amour. »




Les figures féminines sont très présentes : la première à apparaitre n'est autre que Zora Neale Hurston, une des figures centrales de la Renaissance de Harlem, mouvement littéraire afro-américain survenu dans l'Entre-deux-guerres, à New York. Son essai, How It Feels to Be Colored Me, publié en 1928, a appris à Jamila Woods « la défiance » qu'il convient d'opposer « à ces étiquettes qu'on commence immédiatement à vous infliger ».




Les poètes ne sont pas en reste, avec les mentions de Nikki Giovanni et Sonia Sanchez, deux auteures liées au Black Arts Movement, mouvement culturel et artistique des années 1960 et 1970 qui contribua à remettre en avant la création afro-américaine, y compris celle éclipsée par des récupérations plus ou moins bienveillantes, à l'image de la plus célèbre, celle du blues par le rock 'n' roll.




L'album de Jamila Woods contribuera sans doute à faire connaitre à ses auditeurs des pans entiers de la culture afro-américaine : elle consacre ainsi une chanson à Octavia E. Butler, auteure de science-fiction publiée en France par les éditions Au Diable Vauvert.
 

Parmi les autres artistes qui traversent l'album de Woods on trouve Muddy Waters, Frida Kahlo ou encore Jean-Michel Basquiat.


via Pitchfork



Commentaires
Je ne connaissais pas cette artiste, merci pour cette excellente découverte !
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