Bordeaux : une pétition fédère pour qu'une BU continue à fermer tard

Joséphine Leroy - 29.03.2016

Patrimoine et éducation - Scolarité France - université Bordeaux - bibliothèques sans - bibliothèque


Plus de 4.270 personnes ont co-signé une pétition pour que la Bibliothèque pluridisciplinaire du Cija, qui se trouve dans le centre-ville et qui ferme actuellement à 22 h, ne ferme pas à 19 h heures. Selon la Direction de la documentation, c’est une réponse adéquate aux besoins de deux bibliothèques implantées dans le campus : la bibliothèque universitaire Santé et la BU Sciences et Techniques. Les étudiants critiquent, pour leur part, une mesure locale qui va à l’encontre du plan national. Si elle est retenue, la mesure prendrait place en septembre 2016. 

 

Université Bordeaux II

Université Bordeaux II

(Samuel Peters / CC BY-NC-ND 2.0)

 

 

Qui a dit que les étudiants ne lisaient pas ? Des étudiants bordelais ont lancé une pétition sur la plateforme change.org afin d’empêcher que la Bibliothèque du Cija ne ferme à 19 h, au lieu de 22 h. L’ONG Bibliothèques sans frontières accuse : « Il s’agit de la seule Bibliothèque bordelaise qui ferme à 22 h, permettant à de nombreux étudiants de réviser dans un lieu calme jusqu’à des horaires avancés. » Une telle décision « aura nécessairement un impact négatif pour tous les étudiants bordelais ». 

 

Anne-Marie Bernard, directrice de la Direction de la documentation de l’Université de Bordeaux, tente de contextualiser : « De toute façon, toutes nos bibliothèques sur le campus ou en ville sont pleines. Le taux d’occupation est maximum. Des discussions sont en cours avec des élus-étudiants. Aujourd’hui, il y a une forte demande autour de l’ouverture de la BU Santé, sur le site Carrier, jusqu’à 22 h, qui ferme actuellement à 19 h », commence-t-elle par expliquer.

 

« Idem à la BU Sciences et techniques à Talence qui, avec ses 1050 places, est à ce jour la plus importante structure. Financièrement, nous fonctionnons avec des moyens constants, il faut faire des choix », continue-t-elle à défendre. Sur les choix des deux campus, elle précise : « Il y a vraiment du monde en demande sur ces deux bibliothèques du campus. Donc, en fermant celle du Cija à 19 h, nous récupérons des moyens que nous injecterons ensuite sur les deux sites du campus. Voilà l’idée. » 

 

C’était sous-estimer la mobilisation des étudiants qui grandit chaque jour. Barnabé Louche, membre de l’ONG Bibliothèques sans frontières, pointe du doigt l’impact probable de ce type de décisions : « C’est une aberration. Les étudiants qui vivent en centre-ville n’iront pas sur le campus pour travailler le soir. Il faut préserver les horaires tardifs, d’autant que ce projet de diminution d’horaires va à l’encontre du plan Bibliothèques ouvertes, lancé le 1er février par la ministre de l’Éducation nationale. »

 

La mesure locale entre-t-elle en contradiction avec le plan national ? Le plan, présenté par Najat Vallaud-Belkacem et Thierry Mandon début février, valorise l’inverse : une extension des horaires d’ouverture et le développement des services numériques. Le plan fixe plusieurs objectifs concernant l’accueil des étudiants. Parmi eux, l’ouverture d’« au moins une bibliothèque dans chaque université jusqu’à 22 h du lundi au vendredi ».  

 

L’heure est à la négociation. Anne-Marie Bernard répète que rien n’est tranché : « L’appel à projet du ministère n’est pas sorti, nous anticipons et réfléchissons avec les élus-étudiants, Bordeaux Métropole, les facultés et les grandes écoles. Les étudiants du campus souhaitent aussi que l’on ouvre entre Noël et, le Jour de l’An, certains dimanches d’examen… Cela a un coût. Notre souhait est d’élargir l’offre et aussi de créer de nouveaux services, des applis notamment, de s’adapter aux nouvelles pratiques liées au numérique. »

 

En quelques chiffres, l’Université de Bordeaux comptabilise 44 bibliothèques universitaires et 4.000 places de lecture pour 50.000 inscrites.