Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Boston rend à l’Italie des manuscrits volés datant des XIVe et XVIe siècles

Laurène Bertelle - 27.04.2017

Patrimoine et éducation - A l'international - manuscrit italie - Boston Public Library - vol livre italie


Il aura fallu plus de 60 ans pour les retrouver, mais ils sont de retour. Plusieurs manuscrits italiens précieux datant du XIVe et du XVIe siècles ont été identifiés à la Boston Public Library et rendus à leurs propriétaires lors d’une cérémonie qui s’est tenue le 19 avril dernier.

 

Boston Public Library

La Boston Public Library (Photo d'illustration, Timothy Neesam, CC BY-NC-ND 2.0)

 

Tout commence en 2010 : alors que Lisa Fagin Davis, directrice de la Medieval Academy of America de Cambridge, travaille à la numérisation du catalogue de la Boston Public Library, elle découvre un ouvrage pour le moins étrange. Des pages dans le désordre, des chapitres grattés, une couverture qui n’était visiblement pas l’originale et qui empêchait d’identifier le livre… « Quelqu’un s’était donné du mal pour dissimuler l’origine du manuscrit », écrit le Boston Globe, le 20 avril dernier.

 

Lisa Fagin Davis tente alors de connaître l’identité de l’ouvrage en cherchant des réponses dans d’autres textes, et c’est finalement dans une des bibliothèques d’Harvard qu’elle trouve une copie d’une couverture qui correspond au livre.

 

Il s’agissait en réalité d’un manuscrit italien du XIVe siècle, intitulé Mariegola della Scuola di Sante Maria della Misericordia, dans lequel on retrouve des règles et principes établis par un ordre religieux qui pratiquait notamment l’autoflagellation. Selon le quotidien italien Artemagazine, cet ouvrage avait été volé aux Archives nationales de Venise en 1949. L'année suivante, les responsables avaient été identifiés et arrêtés, mais les biens n’avaient pas été retrouvés.
 

Des manuscrits d’une valeur de 110.000 $

 

Au total, ce sont trois documents que la Boston Public Library a restitués à l’Italie : le manuscrit, enfin identifié, mais aussi une enluminure issue d’un manuscrit similaire, intitulé Mariegola della Scuola Grande di San Giovanni Evangelista, ainsi qu’un des livres manquants à la collection d’un cardinal sicilien du XVIe siècle, volé dans des circonstances inconnues. Les trois documents valent au total environ 111.000 $.
 


 

Comment ces documents se sont-ils retrouvés aux États-Unis ? La réponse n’est pas claire, mais la Boston Public Library affirme et prouve toutefois qu’elle les avait achetés légalement à des vendeurs reconnus. Elle a toutefois volontairement abandonné son droit de propriété afin que les biens soient rendus au gouvernement italien.

 

Enfin, les États-Unis ont également restitué 198 pièces romaines datant de l’empereur Constantin, interceptées par la Homeland Security Investigations en tant que colis suspect provenant des Émirats arabes unis, qui avaient été exportées illégalement d’Italie.

 

Le processus de rapatriement, très long, a été lancé rapidement et dans de bonnes conditions. C’est à Boston que l’échange s’est fait officiellement, lors d’une cérémonie à la Boston Public Library, le 19 avril 2017. Les journaux américains et italiens sont d’accord pour affirmer la très bonne coopération qu’il y a eu entre la Homeland Security Investigations des États-Unis et le Comando Carabinieri Tutela Patrimonio Culturale d’Italie.