Boundless Learning, l'apprentissage du futur inquiète l'édition

Clément Solym - 06.04.2012

Patrimoine et éducation - Ressources pédagogiques - Boundless Learning - manuels numériques - plateforme


« Économisez de l'argent. Étudiez plus vite. Finissez major de la promo » : Boundless Learning fait dans le marketing confiant et sûr de lui. Il ferait bien : alors que sa version bêta vient de convaincre les investisseurs de doter Boundless Learning de 8 millions $ pour son développement, les éditeurs papier, en bons gardes-chasse, commencent à mener des actions judiciaires contre la plateforme pour violation de copyrights.

 

Alors qu'un manuel scolaire papier s'échange parfois pour 200 $ outre-Atlantique, (voir notre actualitté) Boundless Learning a l'effronterie de proposer un modèle gratuit et de qualité, dont la version bêta a déjà séduit les étudiants d'un bon millier d'universités : 92 % d'entre eux ont recommandé Boundless Learning après l'avoir testé. La start-up a l'ambition de devenir un leader en matière d'« Open Educational Resources », c'est-à-dire proposer un accès gratuit à des ressources pédagogiques.

 

 

 

Pour alimenter son fond de manuels scolaires numériques, Boundless travaille avec les équipes du site OER Commons, qui irrigue « depuis plus de 20 ans » le web en contenu pédagogique sous Creative Commons. Attirée par les mots « accès libre » comme des fourmis par un macaron La Durée, une légion d'avocats mandatés par les plus grands éditeurs de manuels scolaires s'est présentée pour tenter d'imposer des limites à Boundless. 

 

Pearson Education, Cengage Learning, et Bedford, Freeman & Worth Publishing Group ont ainsi attaqué la plateforme en justice le 23 mars dernier, arguant qu'elle enfreignait les copyrights de leurs propres manuels scolaires, en... utilisant leur organisation des sections (le copyright, comme le droit d'auteur français, protège l'expression et non l'idée en elle-même). Le message est clair : chez les éditeurs, on préfère iBooks, et son format propriétaire .book, à l'open source. (voir notre actualitté)

 

« Nous sommes arrivés à un tournant dans la matière, et, comme pour tous les médias traditionnels, les changements s'annoncent à l'horizon » a déclaré le PDG de Boundless Ariel Diaz à propos des procès intentés par les éditeurs. « Pédagogiquement, ils sont nuls, d'un point de vue d'utilisateur, ils sont nuls. Nous sommes convaincus que cette action judiciaire est infondée. »

 

Boundless compte bien riposter et faire valoir ses droits. La démarche open source de la plateforme ne lui a pas valu que des ennemis : Venrock, un investisseur de l'écurie Rockefeller, et d'autres mécènes viennent de doter le site de 8 millions € pour son développement. Les équipes de Boundless vont maintenant s'atteler aux fonctionnalités sociales de la plateforme (professeurs et étudiants pourront enrichir les contenus), et préparer l'ouverture de celle-ci à tous les utilisateurs.