Branle-bas de combat pour l'orthographe à l'école primaire

Clément Solym - 17.04.2012

Patrimoine et éducation - Programmes officiels - enseignement - orthographe - école primaire


Dans un communiqué, le ministère de l'Éducation nationale s'alarme d'une maîtrise de plus en plus bancale de la langue française à l'école primaire, et notamment de l'orthographe.

 

À partir d'une étude menée à partir de la même dictée proposée aux élèves entre 1987 et 2007, il apparaît que le nombre moyen de fautes a augmenté de 10,7 à 14,7 entre ces deux années. Sur cette dictée d'une dizaine de lignes, 26 % des élèves étudiés faisaient plus de quinze fautes en 1987. Ils seraient 46 % aujourd'hui.

 

Le ministère entend donc « recentrer l'activité pédagogique des professeurs des écoles sur un enseignement explicite et structuré dont les résultats pourront être observés à travers les évaluations nationales et internationales ».

 

 

« L'orthographe doit constituer un enseignement spécifique », peut-on également lire dans ce communiqué, qui doit « s'enseigner de manière complémentaire à la grammaire et au vocabulaire ».

 

Une plaquette distribuée aux enseignants de cycle 3

 

On y apprend également qu'une « circulaire adressée, dans les prochains jours, à tous les enseignants des écoles primaires définit les principes clés pour favoriser cet enseignement ». Elle sera accompagnée d'une « plaquette d'orientations pédagogiques » détaillant « la place de l'orthographe dans la maîtrise de la langue, les orientations pédagogiques qui en découlent et des exemples d'exercices types permettant aux élèves une meilleure assimilation de l'orthographe ». 

 

Cette plaquette, intitulée « L'orthographe et son enseignement » et diffusée aux enseignants de CE2, CM1 et CM2, est définie comme un « document de référence » permettant de mieux engager les évolutions pédagogiques nécessaires.  Elle prône un enseignement progressif et explicite de l'orthographe, et rappelle le rôle important de la lecture comme temps de fréquentation personnelle des mots, de leurs formes et de leurs usages.

 

On y trouve également des exercices pouvant être proposés aux élèves : « Apprendre les listes de mots organisées et y revenir régulièrement »  ; « Écrire des noms d'animaux, « caméléon », « bonobo », à l'orthographe régulière,  « python » à l'orthographe irrégulière » ; « Changer la personne et le temps : « Ce matin, Paul promène son chien » devient « Hier matin, Paul et Agate... » ou encore « Dictées préparées, portant sur un aspect orthographique, à deux, avec dictionnaire, dictée avec possibilité de recourir à un modèle caché ».

 

 Le portail Eduscol des professionnels de l'éducation rappelle pour sa part que « l'intérêt pour la langue comme instrument de pensée et d'insertion développe : la volonté de justesse dans l'expression écrite et orale, du goût pour l'enrichissement du vocabulaire ; le goût pour les sonorités, les jeux de sens, la puissance émotive de la langue ; l'intérêt pour la lecture (des livres, de la presse écrite) ; l'ouverture à la communication, au dialogue, au débat ».