Breton après Breton : entrez dans les philosophies du surréalisme

Nicolas Gary - 18.04.2017

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Les 26 et 27 avril, deux colloques sont organisés par la BnF autour de l’œuvre d’André Breton. Il s’agit d’évoquer les philosophies du surréalisme, qui ont soutenu tout le travail poétique opéré. Les rencontres se dérouleront respectivement à l’auditorium de la galerie Colbert, le 26 et au petit auditorium, le 27.


Portrait d’André Breton rue Fontaine, à côté de son masque, par Pierre Argillet, c. 1960 Bibliothèque littéraire Jacques Doucet – BRT ING 1549
 

 

Les années 2016 et 2017 voient paraître les premières correspondances privées du poète André Breton (1896-1966) dont la devise « je cherche l’or du temps » a été gravée sur la pierre tombale. Or c’est précisément de temps et d’histoire que nous voudrions parler d’abord : de l’histoire du surréalisme telle qu’elle se dit, s’écrit, se raconte depuis la disparition de son protagoniste majeur, explique Jacqueline Chénieux-Gendron.

 

Ce temps écoulé a créé du sens, a interprété le vécu et ses traces d’une certaine façon, très convenue désormais. 

 

Notre premier mode d’approche doit donc être critique et viser une histoire plus structurée en termes d’idées. Dans cette perspective, nous affichons une deuxième ligne directrice : la pensée d’André Breton doit être questionnée à frais nouveaux comme pensée, donc comme travail philosophique, et non comme un espace littéraire relevant de philosophies répertoriées. 

 

Les deux notions surchargées de sens que sont l’écriture et le dessin « automatiques » d’une part, le « hasard objectif » de l’autre, doivent faire l’objet d’une lecture ouverte à plusieurs champs méthodologiques, plutôt que rabattues vers l’indifférencié, le magique ou le « faire croire ». 

 

Enfin, il faut lire les pages de Breton sur la peinture — pages composites qui le conduisent d’un regard d’amateur, sensible à la lecture des formes, à une philosophie de l’art prônant la figuration onirique et attentive à ses processus, dans lesquels la forme et la langue prennent toute leur place.

 

« Revenir à l’œuvre même pour l’appréhender en termes d’idées, de travail de la pensée et du regard, telle est l’ambition de ce colloque qui réunit des spécialistes de notoriété internationale, reconnus dans des disciplines aussi variées que la philosophie, l’histoire – histoire de l’art, des sciences et de la culture –, la littérature ou la psychanalyse. Accompagné de la présentation de manuscrits surréalistes, le programme propose d’interroger la postérité d’André Breton en l’ouvrant à la confrontation et au dialogue. » 


Le tout est organisé sous la responsabilité scientifique de Jacqueline Chénieux-Gendron (CRAL-CNRS) et de Pierre Caye (Centre Jean Pépin, CNRS-ENS).