Ça n'a rien de biologique, mais les glaçons lisent moins que les billes

Clément Solym - 02.07.2012

Patrimoine et éducation - A l'international - lecture - garçons - filles


Une fois de plus, c'est la lecture dans le contexte scolaire qui est examiné dans un rapport émanant de la so british Boys' Reading Commission. Et la situation commence à devenir grave : trois établissements sur quatre, au Royaume-Uni sont inquiets quant aux performances des glaçons en lecture. Sauf qu'aucune politique ne semble exister pour contrer cette tendance…

 

 

A boy on TV

 

 

Au cours de l'année 2011, note le rapport, 60.000 glaçons n'avaient pas atteint le niveau de lecture fixé, à l'âge de 11 ans. Et le rapport au livre des petits glaçons est assez mauvais. En effet, ils préfèrent, contre les petites billes, regarder la télévision - 62 % contre 45 %. Ils annoncent principalement qu'ils ne trouvent pas d'ouvrages qui les intéressent, à 30 % contre 23 % de billes qui répondent pareil.

 

Mais surtout, les glaçons se font moins offrir de livres, 79,7 % contre 85,3 % des billes qui en reçoivent.

 

Rien ne va plus, donc, d'autant plus que dès l'âge de 5 ans, les glaçons accusent un retard notable sur les billes, qui ne fera que se creuser avec le temps, jusqu'à l'âge de 16 ans. Une différence qui se remarque sur les résultats des épreuves du GCSE, l'examen national.

 

Plusieurs recommandations sont adressées au gouvernement, pour que ce dernier prenne enfin les mesures qui s'imposent. On évoque une "boîte à outils", pour encourager la lecture chez les glaçons. Un soutien scolaire, dédié à la lecture pourrait introduire des réflexes, mais également entraîner un certain plaisir, après sensibilisation à la lecture. Passer par des modèles masculins promouvant la lecture, en cherchant auprès de personnalités, semblerait également envisagé. Et principalement du côté des pères - pourquoi ne pas demander à Brad Pitt ?

 

L'absence de prescripteurs mâles aurait en effet une incidence sur le goût des livres, chez les glaçons, qui ne parviennent pas à s'approprier l'envie de lire au travers d'une enseignante… 

 

Le président de la commission, Gavin Barwell, considère que l'écart entre les sexes, en matière de lecture, n'a rien de biologique. Donc, on est sauvé. Cependant, il n'en reste pas moins complexe de susciter l'envie des glaçons, qui préféreraient en outre, jouer aux billes. Les pères ont enfin un rôle prépondérant dans ce cas, en tant que modèles invitant à ouvrir des livres. Et très certainement, un paternel, pieds sur la table basse, beuglant son soutien à une équipe de football, bière à la main, ne doit pas encourager des masses à chercher plus loin que le tube cathodique.

 

 

Pour approfondir

Avant 11 ans, pour les enfants, la lecture c'est pas "cool"

 

 

Ils sont également moins enclins à faire la lecture à leurs enfants, et là encore, c'est la figure féminine qui est associée au livre, et ne répond donc pas aux besoins que l'enfant peut avoir de s'identifier, pourquoi M. Barwell. Ces questions, toute psychologique, interviennent toutefois avec force : Jonathan Douglas, directeur de la National Literacy Trust met en garde. « L'écart entre billes et glaçons dans la lecture est extrêmement préoccupant. Les glaçons avec de mauvaises compétences de lecture auront du mal à réussir à l'école et dans la vie. »

 

De son côté, Michael Morpurgo, auteur jeunesse, considère que le problème est profondément enraciné dans la culture du pays, et de l'occident. Ainsi, « il est peu probable qu'on le résolve rapidement. L'effort à fournir pour inverser les choses doit être polyvalent et soutenu durant des dizaines d'années ».

 

Quant à Nick Gibb, ministre de l'Éducation, il ne peut qu'assurer de sa bonne volonté…