Cameroun : us et coutumes autour des manuels scolaires

Clément Solym - 03.09.2008

Patrimoine et éducation - A l'international - Cameroun - livres - scolaires


Alors que la rentrée scolaire a déjà pointé le bout de son nez, peu de chalands se pressent dans les librairies de Yaoundé. Quand on rencontre, dans les rayons, quelques familles, elles viennent en priorité pour acheter papier et stylos. Sans ce strict minimum, les enfants courent le risque de se voir renvoyés chez eux. Cela reste donc la première priorité des familles les plus pauvres.

Priorité est donnée au papier et aux stylos :

Le problème des manuels scolaires ne se posent que bien plus tard. C’est la raison pour laquelle les librairies ne sont pas encore en rupture de stock de ce côté-là. Au contraire. Face à l’abondance de titres dont le choix varie d’un établissement à l’autre, les librairies sont obligées de faire des commandes à la fois multiples et nombreuses.

Si l’on interroge les libraires, ils ne sont pas pour autant pessimistes. Actuellement les familles appréhendent également de se déplacer dans les librairies, pensant, à tort, qu’elles sont prises d’assaut. Il faudra encore attendre une à deux semaines avant de voir les achats partir à la hausse.

La contrefaçon de livres scolaires ne paye pas toujours :

Cette situation ne fait guère le bonheur des pirates, installés non loin des librairies traditionnelles. Proposant des livres scolaires contrefaits, ils ne commencent à vivre véritablement que lorsque les librairies classiques tombent en rupture de stock. C’est la loi du marché.

Tant que les manuels neufs sont sur les étales des libraires, il n’est guère rentable de photocopier un livre de près de cinq cents pages. Seuls les petits ouvrages de moins de cent pages peuvent facilement trouver preneur. Mais chacun attend son moment de gloire et ne désespère pas : tout est une question de temps pour que les affaires s’accélèrent…