Fondée en 1645, la Compagnie des prêtres de Saint-Sulpice a accumulé, au fil des siècles, un véritable trésor culturel qui remonte aux origines du Québec et du Canada. Ces précieuses archives sont aujourd’hui laissées à l’abandon, suite au licenciement brutal de l’intégralité du personnel. 
 


Du jour au lendemain, l’un des centres d’archives les plus importants du pays se retrouve déserté. Le lieu est désormais non seulement fermé, mais surtout privé de l’expertise et du soin de ses professionnels. Six employés, archivistes, conservateurs, ou encore responsables de l’entretien ont été licenciés brutalement, sans aucun signe avant-coureur. 

Le Devoir a recueilli leurs témoignages, mettant en lumière la violence du procédé. Les membres du personnel ont ainsi dû remettre directement les codes d’accès des archives avant d’être escortés à la porte par la sécurité. Pour que l’évènement ne s’ébruite pas, une forme de chantage financier aurait été mis en place. L’ancien responsable des bâtiments historiques, Martin Bordeleau, confie ainsi au quotidien canadien : « Écoutez, je ne peux pas parler… J’ai signé un papier qui dit que je ne peux pas parler. Je ne voudrais pas perdre mon indemnité. Je suis père de trois enfants, vous comprenez ? »

Ce licenciement massif est d’autant plus incompréhensible que plusieurs documents du centre nécessitent un contrôle et une surveillance constante. Surtout en cette saison où, comme l’explique l’historien de l’art Rey-Regazzi, « d’importantes variations de température conduisent à des taux d’humidité élevés ». 

 

Catastrophe culturelle 


Parmi les précieux objets que contiennent les archives, on notera une imposante collection de livres rares, des œuvres d’art et objets d’époque, des instruments scientifiques, dont un sextant de 1631. On retrouve également des documents remontant à 1657 ainsi que des pièces d’archéologie liées à l’histoire du pays, des objets de culte, une importante collection de monnaies. Ces artefacts faisaient l’objet d’évaluations et d’expertises quotidiennes, qui ont brutalement été interrompues. 
« Pour la première fois de toute leur histoire au Canada, un procureur provincial [des Sulpiciens] refuse de veiller sur ce patrimoine et de le valoriser », s’étonne Gérald McNichols-Téreault, conservateur chez les Sulpiciens de 2005 à 2016. Pour lui, si ces biens sont techniquement la propriété des religieux, ils appartiennent au pays tout entier puisqu’ils éclairent sur les origines de la Nouvelle-France.

Ce renvoi s’apparenterait à un rejet du patrimoine « violent et humiliant » pour la société québécoise, un véritable « coup d’État » culturel de la part des prêtres, qui ne prendraient pas soin de l’héritage du pays. 

Comme l’indique Le Devoir, cette décision traduit peut être un changement de direction au sein de l’ordre. Le secrétaire de la « province du Canada » est désormais un prêtre colombien du nom de Jaime Alfonso Mora, qui n'a pour l'instant pas réagi. 


Crédit photo : Église de Saint-Sulpice de Paris — Domaine Public 


Commentaires
Inadmissible, non seulement pour le parler français au Canada, de plus la culture est encore sacrifiée. C'est aussi tout le patrimoine historique de la Nouvelle France que l'on veut raser. Voulez vous , messieurs les prêtres, vous aussi déboulonner l'histoire.
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