Cicéron et Homère trinquent, sauvés du Déluge de la réforme du collège

Cécile Mazin - 25.03.2015

Patrimoine et éducation - Ressources pédagogiques - Najat Vallaud-Belkacem - latin grec ancien - livres lecture histoire


Présente à la tribune de l'Assemblée nationale, Najat Vallaud-Belkacem a rassuré les députés – dont certains ne comprenaient pas vraiment ce qu'il pouvait y avoir de mal à perdre son latin. La ministre de l'Éducation nationale a assuré que le latin et le grec ancien ne disparaîtraient pas avec la réforme du collège.  

 

 

 

 

« Dans le nouveau collège, comme actuellement, les élèves pourront apprendre le latin de la 5e à la 3e, et le grec en 3e », a promis la ministre au cours de son intervention. L'option ne sera plus facultative, on l'appellera Enseignement pratique interdisciplinaire, et tout sera pour le mieux. 

 

Sollicitée par la Commission des Affaires culturelles sur cette réforme, la ministre a donc mis un terme à la polémique qu'avait évoqué Savoirs & ConnaissancesUne pétition avait été mise en ligne pour demander que cette aberration n'ait pas lieu. « À l'heure actuelle, en effet, en collège, un élève peut suivre l'option latin, de la 5e à la 3e, avec un horaire hebdomadaire de 2 h en 5e et de 3 h en 4e et 3e, ainsi que l'option grec 3 h par semaine en 3e. Durant ces cours, non seulement les élèves acquièrent des connaissances à propos des civilisations, des arts, de la pensée antiques, mais ils apprennent aussi et surtout les langues grecque et latine, pour lire et comprendre de façon directe et personnelle les textes laissés en héritage par les Anciens à l'humanité. »

 

Et d'interpeller Najat comme suit : 

 

Nous,

latinistes,

hellénistes,

amoureux de la langue française,

d'hier, d'aujourd'hui, et de demain,

de tous âges, de tous milieux, et de toutes professions,

Nous, professeurs, élèves, étudiants, parents,

Nous, défenseurs de l'accès au savoir pour tous,

vous demandons,

Madame la Ministre,

de maintenir l'enseignement optionnel du latin et du grec, chacun à part entière, selon les modalités d'enseignement actuelles, avec un vrai programme, et des horaires qui ne soient pas subordonnés à une quelconque autre matière dans le cadre envisagé des EPI. Les élèves le souhaitant doivent pouvoir substituer l'étude des deux langues anciennes aux EPI, les y ajouter ou combiner l'étude du latin ou du grec avec un EPI.

Les langues anciennes ne peuvent être réduites à des enseignements interdisciplinaires. Ces deux langues se suffisent à elles-mêmes, en ce sens qu'elles sont déjà profondément ancrées dans l'interdisciplinarité : l'enseignant de Lettres Classiques, spécialiste du français, du latin, et du grec, langues intimement liées par leurs histoires et leurs cultures, permet à tous les élèves qui le désirent, et non seulement à l'élite, de connaître les civilisations passées pour mieux comprendre le monde qui les entoure et construire celui de demain.

 

Avec plus de 11.500 soutiens, la pétition n'aura peut-être pas pesé bien lourd, mais la ministre a surtout tenu à préciser qu'avec « cet enseignement pratique interdisciplinaire, je vous confirme qu'il aura le même nombre d'heures que peut avoir aujourd'hui l'option existante, donc les élèves n'y perdent rien ».