Circulaire Guéant : Les critiques de droite … à gauche.

Clément Solym - 26.12.2011

Patrimoine et éducation - Ressources pédagogiques - Guéant - Circulaire - Etudiants Etrangers


C'est au tour de l'équipe de campagne de François Hollande de taper sur la circulaire Guéant et de réclamer purement et simplement son retrait.


La circulaire du 31 mai 2011 initiée par Claude Guéant a pour but de restreindre les possibilités pour les étudiants étrangers d'obtenir un statut de salarié. Elle avait entrainé une vague de manifestations de la part des étudiants et de l'opposition. Même le Medef s'était élevé, protestant contre un manque à gagner pour les entreprises françaises, et Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture, avait avoué « cette circulaire me pose problème ».

 

 

Face à une telle unanimité des contestations, Claude Guéant n'avait eu d'autre choix que de nuancer sa position, annonçant « une concertation approfondie avec les parties prenantes » pour « lever les malentendus ». Une position partagée par Franck Riester, député et secrétaire national de l'UMP en charge de la communication, qui dément tout recul mais concède néanmoins que « la première (circulaire) mérite d'être améliorée ».

 

Guettant la bête blessée, l'équipe de campagne de François Hollande a dégainé samedi dernier par la voix de Mireille Le Corre, responsable du pôle immigration-intégration. « C'est toute la logique qu'il faut revoir » déduisant donc qu'« il ne faut pas [seulement] modifier la circulaire Guéant ».

 

Et, alors que la campagne gronde, elle rappelle les arguments du candidat socialiste, en précisant que « François Hollande saura repenser l'accueil des étudiants étrangers et redonner une impulsion à l'échange entre les universités françaises et étrangères ». « L'accueil des étrangers constitue aujourd'hui un enjeu crucial dans le processus d'internationalisation des universités françaises et dans la constitution de réseaux avec les universités étrangères les plus prestigieuses » dit Mireille Le Corre en resituant le contexte.

 

Puis la responsable socialiste critique la circulaire en elle-même. D'abord pour les conséquences néfastes qu'elle pourrait avoir sur les universités françaises « en les rendant moins attractives pour les étudiants étrangers », et puis parce qu'elle considère que les étudiants français ont besoin de cette réciprocité des échanges « pour pouvoir étudier dans les établissements étrangers ».

 

Mireille Le Corre se sert de la circulaire du 31 mai comme d'un biais pour s'en prendre plus globalement à la politique gouvernementale. Elle dénonce « l'esprit de la politique de M. Guéant (qui) ne se comprend que dans une logique, là encore, de politique du chiffre : les étudiants étrangers représentent en effet un quart des entrées dans notre pays et ne sont ainsi vus que comme un flux à réduire ».

 

Un flux à réduire, voilà sans doute ce que pense Claude Guéant des remarques que suscite sa circulaire. Et ça tombe bien, c'est justement dans cette optique que le texte modifié, après concertation avec les acteurs concernés, sera présenté début 2012.