Civilisation et langage sumériens, victimes de la sécheresse

Clément Solym - 10.12.2012

Patrimoine et éducation - Patrimoine - civilisation sumérienne - disparition - sécheresse


S'il est aisé de confondre le célèbre Cimmérien, Conan, avec la civilisation sumérienne, cette dernière laissera plus de traces dans l'histoire de l'humanité, fut-ce qu'elle marqua la fin de la préhistoire au Moyen-Orient. Et accessoirement, pour avoir inventé l'écriture et l'architecture. Or, la langue sumérienne n'est issue ni des langages sémitiques ni des langues indo-européennes. 

 

 

BJ945 Cuneiform

La tablette avec écriture cunéiforme, quasi mystique

ListenToReason, (CC BY-NC-SA 2.0)

 

 

Pourtant, si le cunéiforme si typique des tablettes d'argiles que l'on peut découvrir dans les musées dignes de ce nom, est d'une origine assez complexe à remonter, il se pourrait que sa disparition soit désormais élucidée... C'est que, voilà 4200 ans, une sécheresse qui aurait durée plus de 200 ans serait possiblement à l'origine de la fin de cette langue, selon un géologue. 

 

Des conclusions qui s'appuient sur des indices indirects, l'archéologie ne dispose d'aucune preuve permettant de confirmer quoi que ce soit. Cependant, plusieurs éléments croisés, mettant archéologues et géologues d'accord confirmeraient cette hypothèse. 

 

Une saison en enfer ?

 

La semaine passée, à l'occasion de l'American Geophysical Union, le géologue Matt Konfirst a posé clairement le débat : « Ce n'était pas un seul été, ni un hiver. Ce furent 200 à 300 ans de sécheresse », explique-t-il.

 

Différents marqueurs géologiques indiquent qu'une longue période de sécheresse s'est abattue sur la région du Moyen-Orient en 4200 av. J.-C. : évaporation de la mer Rouge et de la Mer Morte, une chute du niveau des eaux du lac de Van en Turquie ainsi, qu'une multitude de sédiments marins indiquent en effet une augmentation de la quantité de poussière dans la région. 

 

En parallèle, une diminution des précipitations a participé à ces anomalies climatiques, réduisant par conséquent la substance vitale pour les populations locales. Or, c'est à peu près à cette époque que 74 % des colonies mésopotamiennes anciennes ont été abandonnées, selon une étude archéologique de 2006, qui avait examiné le site de Tell Leilan, en Syrie. La population avait d'ailleurs diminué de 93 %. 

 

Des changements brutaux dans la civilisation, qui ne désigne pas nécessairement un effondrement de la culture, mais implique une redéfinition de son expansion. Surtout que, passée cette période, deux vagues de pillages se sont abattues sur la région, avec notamment la mise à sac de la capitale, Ur.

 

Ainsi, le changement climatique pourrait avoir joué un rôle important dans la perte de la langue sumérienne et de ses fameuses tablettes. (via Live Science) De quoi confirmer que toutes les civilisations sont sensibles aux modifications climatiques. Et donner de quoi réfléchir.