Classement Shanghai 2010 : États-Unis en tête, l'Europe boude

Clément Solym - 13.08.2010

Patrimoine et éducation - A l'international - classement - université - international


Le classement 2010 des meilleures universités revient comme chaque année avec son lot de frustrations à défaut de belles surprises. Réalisé par l’université des communications de Shanghaï, le tableau dresse le palmarès des 500 meilleurs établissements du supérieur.

Et comme chaque année, les campus américains se réservent les meilleures places loin devant leurs homologues européens. Sur les 20 premières places, les États-Unis récoltent une moisson de 17 places. On retiendra un changement de tête avec Berkeley qui passe devant Stanford à la seconde place, et Harvard qui reste toujours en tête de classement. Seuls intrus dans le monopole américain, Cambridge à la 5e place et Oxford, assez loin derrière puisqu’elle se situe à la 10e.

En ce qui concerne nos chères universités françaises, il faudra encore attendre avant de voir les fruits de la politique d’excellence de l’enseignement supérieur, lancée par Valérie Pécresse. Pour l’heure, les positions restent sensiblement les mêmes que pour le précédent classement. Premier établissement français, Pierre-et-Marie-Curie à la 39e place, qui grappille quand même une place par rapport à l’année 2009, Paris-Sud Orsay à la 45e, et l’ENS de la rue d’Ulm à la 71e. Et puis… aucune autre sur les 100 meilleures.


Depuis 2003, les critiques européennes sont vives à l’égard du classement chinois. Contactée par les Échos, la ministre de l’enseignement supérieur énumère « plusieurs biais défavorables pour l’université française ». Si la recherche française dépend autant des universités que des organismes comme le CNRS, la méthode chinoise sépare les points obtenus par les deux pôles. En se concentrant particulièrement sur les distinctions comme les prix Nobel et Fields (le « Nobel » de mathématiques, vive les cocus), les universitaires français reprochent une concentration sur la recherche au détriment de la formation.

Face à ce classement, l’Union européenne est décidée à faire valoir ses atouts et prévoit de réaliser sa propre méthode de classement d’ici 2011 avec un budget de 1 million €. Et offrir des chiffres satisfaisants à opposer au classement de l'université de Shanghaï. Une démarche chauvine ? Pas si sûr.

Elle permettrait de réaliser une cartographie par discipline des enseignements de valeur. Une aide précieuse pour orienter les étudiants. Pour Robin van Ijperen, interviewé par le quotidien économique, il s’agit de montrer aux universités « quels sont leurs points forts, quels sont leurs concurrents, mais aussi quelles sont les universités similaires avec lesquelles ils pourraient coopérer ».


(crédits photographiques Wikipédia)