Codex Maya : le plus ancien document préhispanique authentifié

Nicolas Gary - 03.09.2018

Patrimoine et éducation - A l'international - Codex Maya Mexico - document préhispanique histoire - authnetification conquête Espagne


Cinquante-cinq années après sa revente par des pilleurs, un texte maya daté de près de 1000 ans vient d’être authentifié. L’institut national d’histoire et d’anthropologie du Mexique vient de déclarer qu’il s’agissait du plus ancien document préhispanique connu à ce jour.

 


 

Ce texte de calendrier aura été rédigé entre 1021 et 1154 apr. J.-C., selon les experts. Ces derniers ont planché dur sur les 10 pages du livre pliant, en écorce, qui est désormais renommé Codex Maya du Mexique – précédemment appelé Codex Grolier. Il aurait manifestement contenu une vingtaine de pages originellement, mais, avec le temps, les autres se sont perdues.

 

Comme on s’y attend, il contient une série d’observations et de prédictions astronomiques, notamment reliées aux mouvements de Vénus. Le texte est écrit dans une série de glyphes syllabiques, où chaque figure peinte représente souvent une syllabe, indique l’Institut dans un communiqué.
 

Le Codex Quetzalecatzin,
rare manuscrit précolombien, numérisé

 

Découvert par des pilleurs dans une grotte, au sud du Chiapas (État à la frontière du Guatemala), le document avait été acheté en 1964 et ne fut exposé qu’en 1971 au Grolier Club de New York. Le collectionneur Josue Saenz, son possesseur, l’avait retourné aux autorités mexicaines en 1974. 

 

Les doutes sur son authenticité résident tout d’abord dans les circonstances de son apparition : le fruit des pillages ne permet pas de remonter le fil des documents ainsi mis sur le marché noir. De même, la simplicité de sa réalisation avait conduit des experts à interroger sa véracité, en regard d’autres documents dont nous disposons.

 

Dans son communiqué, l’Institut souligne en effet que « son style diffère des autres codes mayas connus et identifiés ». À ce jour, trois autres livres ont survécu aux attaques des conquérants espagnols. Une fois les territoires envahis, dans les années 1500, les conquistadors s’étaient appliqués à détruire les artéfacts mayas.

 


 

« Durant très longtemps, les détracteurs du Codex ont affirmé que son style n’était pas assez maya et qu’il était “le plus laid” en termes de chiffres et de couleurs », souligne Sofia Martinez del Campo, chercheuse à l’Institut. « Mais l’austérité de ce travail s’explique par l’époque de sa création – quand la matière première est rare, on utilise ce que l’on a sous la main. »

 

Les recherches sur le document furent menées par l’Institut, avec le concours de l’UNAM, du Cinvestav Querétaro et de l’Université du Colorado entre 2017 et 2018. Les conclusions furent présentées ce 30 août. 

 

Ses feuilles mesurent 12,5 cm de hauteur, et superposent trois couches de papier d’amate – une fabrication à base de fibres végétales typique des cultures méso-américaines. Du 27 septembre à la fin du mois d’octobre, dans le cadre du Salon international de l’anthropologie et de l’histoire, le Codex Maya du Mexique sera exposé. 

 

Une publication sera faite par la suite, pour offrir au public de disposer du document dans une édition fac-similé.

 




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