Colley Cibber, l'homme qui fut accusé d'avoir assassiné l'anglais

Victor De Sepausy - 20.03.2019

Patrimoine et éducation - A l'international - Colley Cibber - langue anglaise - procès Shakespeare langue


Il avait publié une autobiographie rock’n roll pour l’époque : l’Apologie pour la vie de Colley Cibber avait marqué les esprits, autant pour son style que par le récit même. Instauré Poet Laureat du Royaume-Uni en 1730, il fut passablement déprécié par ses contemporains — parmi lesquels Alexander Pope, Jonathan Swift ou Henry Fielding. Ils l’avaient accusé d’avoir littéralement assassiné la langue anglaise.


Colley Cibber
 

Et pour cause : Cibber était en effet poète, mais également acteur, et dramaturge lui-même à ses heures. Cependant, la plupart de ses pièces étaient des adaptations d’œuvres de Shakespeare. En tant que comédien comique, Cibbert aurait connu un certain succès, mais dès lors qu’il endossait un rôle de tragédie, il était la plupart du temps raillé.

Les écrivains de l’époque prenaient plaisir à parodier ses textes, déformer ses pièces, et malgré son statut de Poet Laureat, obtenu en 1730, il était considéré comme un bien piètre auteur. Pope, tout particulièrement, avait démultiplié les attaques, notamment en se servant de lui pour des personnages délirants dans ses écrits, avec des insultes directes. Il lui reprochait d’avoir « misérablement mutilé […] l’infortuné Shakespeare et Molière, crucifié ». Rien que cela.

On peut aussi se référer à La Dunciade, poème satirique de Pope, paru en 1728 et enrichi d’une suite, La Nouvelle Dunciade, en 1748. Sous-titré La guerre des sots, le texte était une attaque en bonne et due forme contre Cibber, entre autres, mais surtout ces Britanniques qui s’efforçaient de propager imbécillité et mauvais goût dans le royaume.

D’ailleurs, ses contemporains considéraient qu’il n’avait obtenu son statut de Poet uniquement parce qu’il était membre du parti whig — un mouvement opposé à l’absolutisme royal. 
 

Accusé, levez-vous : assis couché debout !


Son autobiographie, parue en 1740, ne fit d’ailleurs qu’attiser l’animosité de ses ennemis. Henry Fielding, sous le nom de Capitaine Hercules Vinaigre, ne le rata pas, dans une chronique publiée dans The Champion. Il instaura alors un véritable procès, mettant en accusation Cibber, et le condamnant dans la foulée pour « crimes graves et délits mineurs contre la langue anglaise ».
 
Inculpé, sans aucune possibilité de se défendre, dans un article qui tenait du brûlot incendiaire — si fait ! —, l’auteur était dépeint comme tenant une plume d’oie dans la main, avec une bouteille d’alcool toujours posée sur sa table. 

Quand finalement il put prendre la parole à son tour, dans l’article — bien entendu, il ne le fit pas de son propre chef — c’est pour se flageller et déplorer les misères qu’il fit subir à l’anglais. « Il est impossible que j’aie entretenu une hostilité à l’égard de la langue anglaise, dont je suis très peu familier. Si je lui ai fait endurer quelque injure, c’est uniquement par accident. »

Ambiance...

via Lithub


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