Comment la dernière demeure de Charles Dickens fut choisie contre son gré

Antoine Oury - 14.02.2020

Patrimoine et éducation - Patrimoine - Charles Dickens mort - Charles Dickens Westminster - poete Charles Dickens


À sa mort, Charles Dickens est déjà largement célébré comme l'un des écrivains les plus importants de son époque. Le mercredi 8 juin 1870, il s'effondre, victime d'une attaque, et aucun soin prodigué ne pourra le sauver : dans les heures et jours qui suivent, plusieurs emplacements sont évoqués pour devenir sa dernière demeure. Dickens repose finalement dans l'Abbaye de Westminster, pas vraiment là où il l'espérait...

Signature de Charles Dickens - Foire du Livre de Francfort 2018 #FBM18
La signature de Charles Dickens
(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)


Encore aujourd'hui, la question de la dernière demeure d'un écrivain peut s'avérer polémique : pour sa dernière demeure, Charles Dickens avait pourtant tout prévu. Il avait ainsi laissé des instructions extrêmement précises, stipulant vouloir être enterré « dans un endroit peu coûteux, dépouillé, et d'une manière strictement privée ». Il souhaitait par ailleurs qu'aucune information publique ne soit donnée quant « au moment et au lieu de mon enterrement ».

Dickens avait repéré ses lieux favoris : en premier lieu, un petit cimetière à l'intérieur du château de Rochester, dans le comté de Kent, ou encore les églises de Cobham ou Shorne, deux cités également situées dans le comté de Kent, non loin du lieu de naissance de Dickens. Sauf que, petit imprévu, plus de place dans ces endroits.

À défaut, la cathédrale de Rochester fut donc choisie, assez logiquement : une tombe fut même creusée et la dépouille de l'auteur d'Oliver Twist aurait ainsi dû s'y retrouver. 

Mais la célébrité de Dickens présida finalement à sa dernière demeure : plusieurs articles de journaux suggérèrent que l'écrivain, vu sa notoriété, devait forcément reposer dans l'abbaye de Westminster, dans le Coin des Poètes. Le doyen de Westminster, Arthur Penrhyn Stanley, s'est lui-même montré très enthousiaste à l'idée d'accueillir l'écrivain dans le lieu, si bien que la famille « avait le devoir d'accepter ».

L'enterrement se déroula finalement le 14 juin 1870, en grande pompe, à l'opposé de ce que Dickens avait réclamé à l'origine : le corps fut présenté pendant 3 jours, afin que tous les curieux et amateurs de l'œuvre puissent rendre hommage à leur auteur favori, indiquent Leon Litvack et Nathalie Vanfasse dans leur livre Reading Dickens Differently (Wiley-Blackwell).
 
Même la Reine Victoria y alla de son message de condoléances, adressé à Catherine Dickens, qui avait déjà pris ses distances depuis longtemps avec l'auteur. Elle n'assista même pas à l'enterrement de Charles Dickens, contrairement à Ellen Ternan, la jeune maitresse de l'auteur...

via The Conversation


Commentaires
Aventure post mortem d'un auteur. Manipulation (c'est le cas de le dire) d'un cadavre contre son gré (évidemment, il est mort); ses fans le réclament pour "le Coin des Poètes" dans une abbaye célèbre; condoléances d'une reine à sa femme qui s'en fout; exhibition des restes pour le bonheur des admirateurs. C'est quand même mieux que la fosse commune de Mozart et bien d'autres artistes.



De toute façon, le défunt ne s'est rendu compte de rien. C'est un des avantages du trépas...
Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.