Comparaison peu flatteuse entre loi sur l'absentéisme et Hadopi

Clément Solym - 16.07.2010

Patrimoine et éducation - Ressources pédagogiques - sénat - hadopi - comparaison


La proposition de loi sur l’absentéisme scolaire portée par le député UMP Éric Ciotti continue de faire des vagues dans les rangs du Parlement. Alors que la controverse porte sur la suppression des allocations familiales pour les familles d’enfants portés à l’école buissonnière, une petite phrase ranime les débats sur Hadopi.

À en croire le sénateur Jacques Legendre (UMP), cette sanction porterait un intérêt éducatif car elle serait censée « mobiliser les familles contre l'absentéisme à l'école ». À cela, le sénateur ajoute que le projet sur l’absentéisme serait tout aussi pédagogique que les sanctions établies avec Hadopi.

« J'admets la comparaison avec la loi Hadopi, qui est effectivement longue à mettre en place. Avec Hadopi, nous n'avons pas cherché à supprimer par plaisir l'accès à Internet, mais à rappeler l'exigence républicaine consistant à payer le service utilisé, au bénéfice de la création», assure-t-il.


Une association d’idée qui laisse perplexe à plus d’un titre. Si la nouvelle proposition de loi sur l’absentéisme est toujours en examen, la loi sur la création et internet en vigueur depuis le début d’année peine à être efficace, à défaut de convaincre. Lors de sa seconde lecture devant le parlement, les partisans de la création d’une Haute autorité pour la diffusion des œuvres et a protection sur internet (Hadopi) avaient vanté le même intérêt éducatif.

« Ex fervente d'Hadopi »

Pour rappel, en cas d’effraction aux droits d’auteurs à trois reprises, la haute autorité peut interrompre l’accès à internet de 3 mois à un an.
Déjà mise à mal par des serveurs privés de téléchargements cryptés, la loi Hadopi fait partie des projets portés à bout de bras par la majorité et dont les résultats se font toujours attendre.

Largement acquis à cette cause avant un premier rejet par l’assemblée, les Sénateurs font désormais un rapprochement entre les deux débats plus prudent. Voire peu flatteur. Ainsi Françoise Laborde (PRG) explique avoir été une « fervente d'Hadopi, mais le passage à la réalité m'a montré les difficultés d'application des sanctions, au-delà des mesures d'information et d'éducation de l'internaute ».


Une même réserve affichée sur les effets et la faisabilité de la suppression des allocations quand elle n’est pas purement décriée.
En associant les sanctions éducatives d’une autorité facilement contournable, il n’est pas certain que la suppression des allocations gagne la bataille des idées.

Encore moins lorsqu’elle crée une corrélation entre familles aidées financièrement et élèves peu assidus. Adepte de la petite phrase choc, Jacques Legendre s’était déjà fait remarquer en qualifiant les adversaires d’Hadopi d’être « un courant libertaire » qui assimile le piratage à une « liberté de cueillette ».