Contes de Charles Perrault : le manuscrit de Riquet à la Houppe

La rédaction - 20.12.2016

Patrimoine et éducation - Patrimoine - Contes Charles Perrault - manuscrit Riquet à la Houppe - Editions Saints Pères


Les éditions des Saints-Pères ont réédité le manuscrit des textes de Charles Perrault, dans un double coffret de luxe. Un tirage limité à 1400 exemplaires, numérotés, pour redécouvrir en version originale les Contes de Ma mère L’Oye et Histoires ou contes du temps passé. Une édition pour un cadeau très élégant, dont ActuaLitté propose de découvrir un extrait. Aujourd’hui, Riquet à la Houppe.

 

 

Il était une fois une reine qui accoucha d'un fils, si laid et si mal fait, qu'on douta longtemps s'il avait forme humaine. Une fée qui se trouva à sa naissance assura qu'il ne laisserait pas d'être aimable, parce qu'il aurait beaucoup d'esprit; elle ajouta même qu'il pourrait, en vertu du don qu'elle venait de lui faire, donner autant d'esprit qu'il en aurait à celle qu'il aimerait le mieux.

 

LES CONTES DE PERRAULT : voir le manuscrit

 


Tout cela consola un peu la pauvre reine, qui était bien affligée d'avoir mis au monde un si vilain marmot. Il est vrai que cet enfant ne commença pas plus tôt à parler qu'il dit mille jolies choses, et qu'il avait dans toutes ses actions je ne sais quoi de si spirituel, qu'on en était charmé. J'oubliais de dire qu'il vint au monde avec une petite houppe de cheveux sur la tête, ce qui fit qu'on le nomma Riquet à la houppe, car Riquet était le nom de la famille.

 

Au bout de sept ou huit ans la reine d'un royaume voisin accoucha [de deux filles].

 

 


Il estoit une fois une reine qui accoucha d'un fils si laid et si mal fait qu'on douta longtemps s'il avoit forme humaine. Une fée, qui se trouva à sa naissance, asseura qu'il ne laisseroit pas d'estre aimable, parce qu'il auroit beaucoup d'esprit : elle ajoûta même qu'il pourroit, en vertu du don qu'elle venoit de luy faire, donner autant d'esprit qu'il en auroit à la personne qu'il aimeroit le mieux. 

 

Tout cela consola un peu la pauvre reine, qui estoit bien affligée d'avoir mis au monde un si vilain marmot. Il est vray que cet enfant ne commença pas plutost à parler qu'il dit mille jolies choses, et qu'il avoit dans toutes ses actions je ne sçai quoi de si spirituel qu'on en estoit charmé. J'oubliois de dire qu'il vint au monde avec une petite houppe de cheveux sur la teste, ce qui fit qu'on le nomma riquet à la houppe, car riquet estoit le nom de la famille.

 

Au bout de sept ou huit ans, la reine d'un royaume voisin accoucha de deux filles [...]