Contes de Charles Perrault : le manuscrit des Fées

La rédaction - 16.12.2016

Patrimoine et éducation - Patrimoine - Contes Charles Perrault - manuscrit Les fées - Éditions des Saints-Pères


Attention, ouvrage exceptionnel : les Éditions des Saints-Pères proposent une réédition, limitée à 1400 exemplaires, des Contes de Ma mère L’Oye ou des Histoires ou contes du temps passé de Charles Perrault. Huit contes sont réunis dans un coffret luxueux et richement illustré.

 

En partenariat avec ActuaLitté, Les Saints-Pères présentent chaque jour un extrait de ces Contes de Perrault, accompagnés de l’illustration du manuscrit original.

 

 

 

 

Il estoit une fois un gentil homme qui étant veuf d une femme très douce et très honneste et ayant eu d’elle une fille toute semblable a sa mere epousa en secondes nopces une femme très hautaine et très facheuses qui avoit une fille de sa meme humeur aussi laide et aussi maussade que l’autre étoit belle et civile.

 

Cette femme cependant n’aimoit que sa propre fille et baissoit à mort celle de son mari, elle la faisoit manger dans la cuisine et faire tout ce qu’il y avoit de plus bas et de plus vil dans le mesnage pendant que sa soeur la maussade n’avoit autre chose a faire tout le matin que d’ester a sa toilette et de faire ou de recevoir des visites l’après-diner. Sa pauvre soeur alloit deux fois le jour puiser de l’eau a une fontaine qui étoit a une grande demie lieüe du logis. 

 

LES CONTES DE PERRAULT voir le manuscrit

 

Un jour qu’elle estoit a cette fontaine il vint a elle une pauvre femme qui la pria de vouloir bien en luy donner a boire. Ouy da ma bonne Mère, dit cette belle fille et rinçant aussitot sa cruche elle puisa de l’eau au plus bel endroit de la fontaine, la luy presenta soutenant toujours la cruche pour luy aider a boire plus facilem. 

La pauvre femme ayant bû luy dit, vous estes si bonne, si belle et si honneste que je ne puis m’empescher de vous faire un don (car c’estoit une fée qui avoit pris la forme d’une pauvre femme de village, pour voir jusqu’où iroit l’honnesteté de cette jeune fille). Je vous donne pour don, poursuivit la fée, qu’à chaque parole que vous direz, il vous sortira de la bouche ou une fleur, ou une pierre précieuse. »

 

Lorsque cette belle fille arriva au logis, sa mere la gronda de revenir si tard de la fontaine.

 

« Je vous demande pardon, ma mere, dit cette pauvre fille, d’avoir tardé si longtemps » ; et, en disant ces mots, il luy sortit de la bouche deux roses, deux perles et deux gros diamans.

 

« Que voy-je là ? dit sa mere tout estonnée ; je crois qu’il luy sort de la bouche des perles et des diamants. D’où vient cela, ma fille ? » (Ce fut là la premiere fois qu’elle l’appela sa fille.)

 

La pauvre enfant luy raconta naïvement tout ce qui luy estoit arrivé, non sans jetter une infinité de diamants. [...]