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Contes de Perrault : le manuscrit de La belle au bois dormant

La rédaction - 13.12.2016

Patrimoine et éducation - Patrimoine - La Belle au bois dormant - Editions des Saints Pères - Contes Charles Perrault


En cette période de fête, les Éditions des Saints-Pères offrent de redécouvrir des manuscrits inédits. La nouvelle publication de cette maison dévoile huit contes signés de Charles Perrault. Deux beaux livres proposés dans un coffret réunissant les contes de Ma mère L’Oye et Histoires ou contes du temps passé. Des ouvrages précieux au tirage limité : chaque exemplaire est numéroté de 1 à 1400.

 

En partenariat avec ActuaLitté, Les Saints-Pères dévoilent chaque jour un extrait des Contes de Perrault, accompagnés de l'illustration du manuscrit original.

 

Manuscrit original de La Belle au bois dormant

 

 

Il était une fois un Roi et une Reine, qui étaient si fâchés de n'avoir point d'enfants, si fâchés qu'on ne saurait dire. Ils allèrent à toutes les eaux du monde ; voeux, pèlerinages, menues dévotions, tout fut mis en oeuvre, et rien n'y faisait. Enfin pourtant la Reine devint grosse, et accoucha d'une fille : on fit un beau Baptême ; on donna pour Marraines à la petite Princesse toutes les Fées qu'on pût trouver dans le Pays (il s'en trouva sept), afin que chacune d'elles lui faisant un don, comme c'était la coutume des Fées en ce temps-là, la Princesse eût par ce moyen toutes les perfections imaginables.

 

Après les cérémonies du Baptême toute la compagnie revint au Palais du Roi, où il y avait un grand festin pour les Fées. On mit devant chacune d'elles un couvert magnifique, avec un étui d'or massif, où il y avait une cuiller une fourchette, et un couteau de fin or garni de diamants et de rubis.

 

LES CONTES DE PERRAULT voir le manuscrit

 

Mais comme chacun prenait sa place à table, on vit entrer une vieille Fée qu'on n'avait point priée parce qu'il y avait plus de cinquante ans qu'elle n'était sortie d'une Tour et qu'on la croyait morte, ou enchantée.

 

 

 

Il étoit une fois un Roi & une Reine, qui estoient si faschez de n’avoir point d’enfans, si faschez qu’on ne sçauroit dire. Ils allerent à toutes les eaux du monde, vœux, pelerinages, menuës devotions ; tout fut mis en œuvre, & rien n’y faisoit : Enfin pourtant la Reine devint grosse, & accoucha d’une fille : on fit un beau Baptéme ; on donna pour Maraines à la petite Princesse toutes les fées qu’on pust trouver dans le Pays (il s’en trouva sept) afin que chacune d’elles luy faisant un don comme c’estoit la coutume des fëes en ce temps là, la Princesse eut par ce moyen toutes les perfections imaginables.

 

Aprés les ceremonies du Baptesme toute la compagnie revint au Palais du Roi, où il y avoit un grand festin pour les Fées. On mit devant chacune d'elles un couvert magnifique, avec un estui d'or massif, où il y avoit une cuillier, une fourchette, & un couteau de fin or, garni de diamans & de rubis. Mais comme chacun prenoit sa place à table, on vit entrer une vieille Fée qu'on n'avoit point priée parce qu'il y avoit plus de cinquante ans qu'elle n'estoit fortie d'une Tour, & qu'on la croyoit morte, ou enchantée. (manuscrit issu des collections de la Morgan Library and Museum)