Coût de la vie étudiante : Wauquiez rentre dans la guerre des chiffres

Clément Solym - 23.08.2011

Patrimoine et éducation - Programmes officiels - coût - vie - étudiante


En annonçant une augmentation « de 4,1% pour l’année 2011-2012 » du coût de la vie étudiante, l’Unef ouvrait la guerre des chiffres sur le pouvoir d’achat. Habituée du genre, l’organisation étudiante publie, pour la septième année consécutive sa traditionnelle enquête sur les baisses et augmentations relatives à la conduite d’études dans le supérieur.

Laurent Wauquiez, ministre de l’Enseignement supérieur, ne pouvait pas longtemps laisser le terrain de la communication uniquement occupé par les organisations étudiantes. Il n’a donc pas tardé à réagir auprès de nos confrères de l’AFP, affirmant, de son point de vue, que le coût de la prochaine rentrée étudiante s’avère en fait être l’une « des plus faibles des cinq dernières années »…Mais, qui donc a raison ?

En mettant en parallèle, inflation (2,1 %) et hausses des loyers (1,2 %), du coût du ticket de repas universitaire (1,7 %), des frais d’inscription en licence (1,7 %), le ministre en déduit qu’en 2011-2012, on se situe donc sur des bases meilleures que celles de l’année universitaire précédente. Cette dernière avait vu des augmentations souvent plus élevées que l’inflation.

Remettant en cause la scientificité des études menées notamment par l’Unef, M. Wauquiez attend que l’Observatoire de la vie étudiante (OVE) ainsi que le département statistique de son ministère fassent entendre la bonne parole…ce qui devrait, à sa demande, intervenir très prochainement.


De son côté, l’Unef relève surtout que 2011-2012 ne dérogera pas à « 11 années consécutives de baisse du pouvoir d’achat étudiant. L’indice du coût de la vie est tiré vers le haut par les choix politiques du gouvernement, responsable de l’augmentation de 4,4% des dépenses obligatoires (ticket RU, frais d’inscriptions et de sécurité sociale). D’autre part, les étudiants souffrent d’une flambée des loyers dans le parc locatif privé (+8,9% à Paris et +1,9% en région) et de l’absence de revalorisation réelle des aides au logement (APL/ALS) ».

Toujours selon l’Unef, « Depuis 2006, les dépenses obligatoires ont augmenté de 33,2% tandis que les aides sociales n’ont augmenté que de 13%. Ainsi, un foyer dont les revenus s’approchent du salaire médian selon l’INSEE, devra dépenser dans certains cas près d’un tiers de son budget pour financer les études de son enfant. »