Covid : après sa réouverture, la maison de Colette reste en danger

Camille Cado - 24.08.2020

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Après 4 mois de fermeture, la maison natale de Colette, située à Saint-Sauveur-en-Puisaye, dans l’Yonne, a pu rouvrir ses portes le 6 août dernier. Cependant, règles sanitaires obligent, la demeure ne peut accueillir que la moitié de ses visiteurs. Une disposition « économiquement non viable » pour cette structure qui ne dépend que de la billetterie et des dons. 

 
 
« À partir du jeudi 6 août, la maison sera accessible en visite semi-libre les après-midis de 14h à 19h, du jeudi au dimanche. Cette réouverture se fera dans des conditions adaptées et différemment du passé, jusqu’à ce que l’épidémie soit définitivement stoppée » explique la maison de Colette sur son site internet.

Ainsi, la demeure labellisée « Maison des illustres depuis 2012 » est contrainte de limiter ses entrées afin de respecter les règles de distanciation physique. Une disposition qui menace l’établissement. « Ce n’est pas économiquement viable », explique Frédéric Maget, directeur de la maison, auprès de l’AFP.

D’autant que les pertes, dues à la fermeture de l’établissement, sont estimées à 60.000 €. « Sans le soutien des lectrices et des lecteurs de Colette, des amoureux/ses de la littérature et du patrimoine, l’association ne parviendra pas à surmonter cette nouvelle épreuve » souligne l’établissement sur son site. 

Et pour cause, la demeure, propriété de l’association « La Maison de Colette » depuis près de 10 ans, ne bénéficie d’aucune subvention et ne dépend uniquement de la billetterie, des ventes et des dons. « Il nous faut 15 à 17.000 visiteurs par an pour être rentable. Et encore tout juste » reprend Frédéric Maget. « Aucun lieu ne fonctionne comme nous à 100 % en autofinancement : ce n’est pas tenable. »
 

Des subventions pour sauver la Maison de Colette
 

Parallèlement à un appel aux dons publié sur son site internet, l’association demande une subvention de 20 à 30.000 € par an. La région Bourgogne–Franche-Comté a d’ores et déjà affirmé qu’elle viendrait en aide à la maison de Colette. Si le montant de ce soutien reste encore à déterminer, il devrait « permettre de préserver l’établissement », précise-t-on.

Le département de l’Yonne a également répondu présent et pourrait verser 20.000 € d’avance remboursable et envisager une « aide exceptionnelle » d’un montant encore indéfini. Le département reste pour autant fermé à « une subvention dans la durée ».


PATRIMOINE : Sauver la maison familiale
du poète gallois Dylan Thomas


Pour rappel, la maison de Colette a déjà été menacée de fermeture en 2007. Alors que le toit s’effondrait, l’établissement a été mis en vente. Soucieux de continuer de faire vivre un tel lieu, l’association a dû faire appel à un élan de solidarité pour racheter la maison, et effectuer les travaux, pour un montant de 1,5 million €.

Grâce à une large mobilisation des particuliers, mais aussi du ministère de la Culture, la maison de Colette a rouvert ses portes en 2016. « En 2016, on s’était dit : ça y est, elle est sauvée. Aujourd’hui, on a l’impression que c’est le rocher de Sisyphe. On ne s’est pas battu pendant dix ans pour que tout soit détruit en quelques mois. Ce serait dommage, tout ça pour des montants qui me paraissent raisonnables » conclut Frédéric Maget.


Photographie : Maison de Colette (Memnom CC BY-SA 4.0)




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