Crise, budget coupé en bibliothèques, l'ebook répond à tout

Clément Solym - 07.07.2009

Patrimoine et éducation - A l'international - crise - budget - bibliothèques


Si vous posez la question à un éditeur, il vous répondra que le numérique, aujourd'hui, ça représente moins que rien du tout, ou presque à peine plus, dans son chiffre d'affaires, et que franchement... ça lui passe un peu au-dessus de la tête.

Chez Springer Science & Business Media, deuxième plus important acteur éditorial du monde scientifique, technique et médical, on en est loin. Olaf Ernst, le président n'a pas souhaité dévoiler ses ventes exactes auprès du Financial Times, concernant les ventes de ebooks, mais ses prévisions sont plus que sidérantes.

« Nous nous attendons au cours des prochaines années à ce que pour notre secteur Sciences, Technique et Médecine, plus de la moitié de nos recettes provienne de la vente de livres numériques », explique-t-il cependant.

Avec aujourd'hui 22.500 ouvrages achetables sur Kindle, Springer constate clairement qu'avec le temps, la demande pour ses livres s'est reportée de plus en plus vers des éditions numériques. Fruit de la fusion en 2003 des anciennes filiales de Bertelsmann et Wolters Kluwer, Springer a très rapidement recherché des solutions pour accéder à un modèle économique viable dans le secteur.

Et paradoxalement, c'est la réduction du budget des bibliothèques qui aura en partie permis l'essor de l'ebook. Pour renouveler les abonnements, cette transition du papier au binaire aura été indispensable, et finalement l'éditeur en profite largement. Une solution pour économiser et réduire les coûts que tous les établissements ne mettent pas encore à profit, estime l'éditeur. Mais pour lui, la crise obligera à changer et va clairement accélérer la migration de l'imprimé vers le numérique.

« La stratégie pour nous est de rendre le contenu disponible à tout moment. Le problème majeur d'un format propriétaire, est de limiter à un seul dispositif », conclut-il. Ouverture, donc, définitivement...