D'anciens papyrus égyptiens dévoilent une encre “séchage rapide”

Nicolas Gary - 31.10.2020

Patrimoine et éducation - A l'international - Egypte encre parchemins - papyrus noir rouge - encre papyrus chercheurs


Les anciens scribes égyptiens ajoutaient peut-être de l’eau à leur vin, mais ils mettaient surtout du plomb dans leur encre. Une récente étude indique que ce procédé accélérait le séchage des écrits sur les papyrus. Le procédé était en vigueur dans l’Europe du XVe siècle, pour les peintures, mais remonterait donc à bien plus loin.


 

La découverte des scientifiques éclaire d’un jour nouveau les modalités de l’écriture telles que développées en Égypte et autour de la Méditerranée. En outre, elle apporte quelques pistes pour aider à la conservation de manuscrits anciens.

Pour leur étude, les chercheurs de l’Université de Copenhague au Danemark et de l’European Synchrotron Radiation Facility (ESRF) à Grenoble, en France, ont examiné une douzaine de fragments de papyrus. Ces derniers provenaient de la seule bibliothèque institutionnelle ayant survécu depuis l’Égypte ancienne, celle du temple Tebtunis. 

Des textes datés de 100 à 200 ans apr. J.-C., alors que l’Eygpte était amplement sous domination romaine.
 
Chimistes, physiciens et égyptologues ont eu recours à l’artillerie lourde pour leurs expérimentations : la microscopie à rayons X, de l’Installation européenne de rayonnement synchrotron, a sondé la composition chimique des documents. En basculant du millimètre au micromètre, ils ont obtenu des informations sur les composants moléculaires et structurels de l’encre. 
 

Une méthode de professionnel


Leurs trouvailles suggèrent que l’encre utilisée avait une composition complexe : la présence de plomb comme outil de séchage « ne pouvait pas être fabriquée par n’importe qui », confirme Thomas Christiansen de l’Université de Copenhague. En outre, aucune trace de blanc de plomb, ou céruse ni de minium, là où on s’attendrait dans un pigment à base de plomb. 



 
« À en juger par la quantité de matières premières nécessaires pour fournir la bibliothèque du temple, aussi important que celui de Tebtunis, nous imaginons que les prêtres avaient acquis ou supervisé la production dans des ateliers spécialisés. Tout comme les Maîtres peintres de la Renaissance », poursuit-il. 

Dans les papyrus, près de 3200 ans avant notre ère, deux encres apparaissent : le noir pour le texte principal, et le rouge pour mettre en évidence des mots-clefs (sans hashtag) et les en-têtes. Toutefois, des nuances de bleu, de vert, voire de blanc et de jaune sont attestées dans des textes anciens. 

« Nous pensons que le plomb devait être présent sous une forme finement broyée, et probablement à l’état soluble. Lorsqu’il était appliqué, les grosses particules restaient en place, tandis que les petites se diffusaient », ajoute Marine Cotte, de l’ESRF. De la sorte, les lettres écrites sur le papyrus étaient comme encadrées par ce cerclage de plomb.

On peut retrouver l’intégralité de la recherche et de ses résultats à cette adresse.


Commentaires
Conclusion: lisons les papyrus au plomb, ça met du plomb dans la cervelle. Mais, attention, trop les lire fait péter les plombs.



C'est en plombant qu'on devient papyrus?



Ah! Voilà pourquoi les papyrus ont ce p'tit air livide! red face
Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.