Dans les textes, pas de rupture entre Mitterrand et Filippetti

Clément Solym - 29.05.2012

Patrimoine et éducation - Patrimoine - Aurélie Filippetti - Ministre de la Culture et de la Communication - Frédéric Mitterrand


Deux semaines après sa nomination au poste de ministre de la Culture et de la Communication au sein du gouvernement de Jean-Marc Ayrault, Aurélie Filippetti a pu prendre connaissance de ses attributions via un décret publié au Journal Officiel de la République Française (JORF). Entre le nouveau, le n° 2012-776, et l'obsolète, le n° 2010-1454, pas de grands bouleversements.

 

Liquidons tout de suite l'étude comparative : au rayon des modifications apportées aux attributions du ministre de la Culture et de la Communication, on ne trouvera que deux ajouts. Le premier, qui concerne l'article 1, le plus long du décret, y précise le rôle du ministre dans le développement des services numériques : « Il veille au développement et à la valorisation des contenus et services culturels numériques. »

 

 

 

Premier dossier, et non des moindres, sur le plan du numérique : l'après-Hadopi, dont Aurélie Filippetti a fait une priorité de son ministère, (voir notre actualitté) au détriment de celui de Fleur Pellerin (pourtant chargée de « l'économie numérique »). À Cannes, la ministre de la Culture a rappelé aux professionnels du cinéma son intérêt pour le dossier : « Une large concertation qui associera toutes les parties qui sont concernées par l'évolution des modes de financement, et de consommation des oeuvres [conformément à] la nouvelle méthode de gouvernement que le premier ministre veut instaurer » a-t-elle promis.

 

Une grande concertation de tous les acteurs de l'économie culturelle (y compris les consommateurs ?) qui évoque, pour le livre, l'engagement de la ministre en faveur d'un « Ministère, dans le secteur du livre et de la lecture comme dans d'autres, joue le rôle de facilitateur et parfois de médiateur entre les auteurs, les éditeurs, les diffuseurs et l'ensemble des acteurs de la filière. » (voir notre actualitté)

 

La deuxième modification concerne l'article 4 du décret, qui concerne spécifiquement l'architecture et l'urbanisme : le ministre assure ainsi « la tutelle de l'ordre des architectes et des écoles nationales supérieures d'architecture », mais aussi « à la demande du Premier ministre, la coordination des travaux de construction ou de rénovation relatifs aux grandes opérations d'architecture et d'urbanisme de l'État », Espérons que ces ajouts permettront aux jeunes architectes de se voir rapidement attribuer quelques projets de grands travaux publics, capables, pourquoi pas, d'aboutir à la création d'emplois.

 

Même en lisant entre les lignes, pas de grandes réformes de la fonction : une auteure succède à un auteur, en héritant au passage de dossiers sur lesquels Aurélie Filippetti s'est déjà longuement exprimée, qu'il s'agisse du retour de la TVA à 5,5 ou, donc, d'Hadopi.

 

Malgré cet enthousiasme face à des points chauds, la ministre, qui se présente aux législatives en Moselle, se dit prête « à prendre le risque de perdre son poste au gouvernement. » Uniquement en cas de camouflet électoral : si elle remporte les suffrages, il y a fort à parier que son suppléant lui laissera la possibilité de conserver son poste. Outre les textes, il reste maintenant à faire oublier cinq années d'une politique culturelle que même son prédécesseur a vite reniée. (voir notre actualitté)