De Gaulle au panthéon des Lettres, lui qui a refusé le Panthéon ?

Clément Solym - 03.06.2010

Patrimoine et éducation - Programmes officiels - gaulle - programme - lettres


Souvenez-vous, le grand programme de littérature que nous avions dévoilé en janvier incluait notamment Homère et De Gaulle... comme l'expliquait Jean-Louis Nembrini, directeur général de l'enseignement scolaire.

Tout cela était bel et bon, et pour le programme de littérature de 2010/2011, les Mémoire de guerre du général figuraient donc en bonne place dans les listes. Mais voilà qu'un groupement de professeurs de lettres vient fiche la pagaille dans la belle organisation de la rue de Grenelle.

Dans une pétition qu'ils ont largement diffusée, on les entend apostropher leur ministre de tutelle : « Proposer de Gaulle aux élèves est tout bonnement une négation de notre discipline. Nul ne songe à discuter l'importance historique de l'écrit de de Gaulle : la valeur du témoignage est à proportion de celle du témoin. Mais enfin, de quoi parlons-nous ? De littérature ou d'histoire ? » (À retrouver dans Les lettres volées)

Et d'embrayer sur une remise en question sévère de la pertinence de ce choix : va-t-on demander à des enseignants de « discuter une source historique ? d’en dégager le souffle de propagande mobilisateur de conscience nationale ? »

Pourtant, le SNES avait pris la défense de ce choix, en février dernier, estimant qu'il fallait y lire peut-être « une nouvelle orientation de la discipline qui semble confondre littérature et histoire, comme c'est le cas pour l'enseignement littérature et société en seconde ». Et de conclure dans tous les cas que de la sorte, le ministère « instaure une confusion entre ces disciplines, particulièrement dommageable dans une série qui se veut littéraire ».

Histoire d'un site contestataire provisoire

Les Lettres volées devait être un site éphémère : « Il a d'abord été destiné à abriter le texte d'une pétition rédigée par un collectif de professeurs de lettres désireux de protester contre la décision arbitraire qui met au programme de littérature en Terminale L les Mémoires de guerre de De Gaulle.

Ce choix inapproprié, conjugué avec l'annonce de la division par deux du temps imparti à notre enseignement, est la preuve du pas supplémentaire franchi par le pouvoir dans le “refoulement du littéraire”. C'est sa suppression qui est maintenant programmée
», précisait M. Jaëckle-Plunian.

Aujourd'hui, la pétition est close, avec 1500 signatures à son bord, qui ont, depuis lors été envoyées, le 17 mai dernier à Luc L'Oréal Chatel et à l'inspection générale.

On trouvera pourtant autant de raison de s'esclaffer avec les Billets d'humeur qui ont été publiés.

Dommage que ces choses disparaissent...