De l'apartheid aux autodafés : la triste histoire de l'Afrique du Sud

Victor De Sepausy - 05.11.2018

Patrimoine et éducation - A l'international - apartheid politique afrique - Afrique sud autodafés - livres brules censure


Porté dès 1948 par le parti national, le concept d’apartheid aura fait des ravages en Afrique du Sud. Cette politique de discrimination fut officiellement abolie le 30 juin 1991, mais la ségrégation raciale fit des ravages. Car dans le même temps, les autodafés n’ont pas manqué.


burnt book
Paul Domenick, CC BY ND 2.0

 

 

C’est un lieu commun que de répéter combien les livres sont une arme porteuse de l’insurrection. Et pour tout régime d’oppression, les livres deviennent une source de menace. Entre les années 50 et 70, le Parti national – fondé en 1914 et dissous en 2005 – mena une guerre double : interdiction et incinération de tout ce qui pouvait entraîner la contestation.

 

« Si un régime est raciste, il détruit les livres de groupes considérés comme inférieurs. S’il est nationaliste, il s’en prend aux ouvrages des nations et cultures concurrentes. Et s’il est religieusement extrémiste, alors il frappe tous les textes contredisant ses doctrines sacrées », relève Rebecca Knuth, dans le livre Burning Books and Leveling Libraries, publié en 2006.

 

L’apartheid mêlait malheureusement toutes ces formes de haine, et durant sa présence au pouvoir le Parti national a procédé à la destruction et/ou au bannissement de milliers de livres. 
 

Pour lire cette édition de Farenheit 451,
il faudra en brûler les pages

 

Des classiques comme Humiliés et offensés de Fiodor Dostoïevski furent ainsi frappés par la répression. De même que des westerns classiques, comme Hopalong Cassidy de Louis L’Amour. Évidemment, Fahrenheit 451 de Ray Bradbury faisait, avec une évidente ironie, partie de la charette d’ouvrages censurés.

 

Or, au cours de cette période d’apartheid et de censure, les bibliothèques furent les premières victimes des attaques. Parfois même, les bibliothécaires ont pris part à des campagnes de destructions. Loin du principe fondateur d’accès à l’information et de partage des connaissances, donc. 

 

Un autodafé empêché in extremis en Californie
 

Dans son essai The Hidden History of South Africa’s Book and Reading Cultures, Archie L. Dick fait en effet état d’un témoignage de bibliothécaire, en octobre 1955. : « Les exemplaires me sont retournés, et je me charge moi-même de les détruire. » 

 

En 1964, on compte une liste de plus de 12.000 titres interdits, et sept ans plus tard, on brûlait des livres deux fois par jour au Cap. 

 


 

via MPH Books




Commentaires

Pas de commentaires

Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.