De mon moulin, remonter aux origine des Lettres d'Alphonse Daudet

Clément Solym - 04.05.2015

Patrimoine et éducation - Patrimoine - Alphonse Daudet - Lettres moulin - édition recueil inédit


Dans la ville de Draveil (Essonne), la maison d'Alphonse Daudet est devenue, depuis plusieurs années, un véritable espace d'expression culturelle. Sa propriétaire, Isabelle Guignard, avoue être toujours en recherche de solutions pour rénover les lieux et en assurer les indispensables rénovations. Pour continuer sa mission d'accueil du public, un projet d'édition est soumis au public. De mon moulin réunira les contes, projets liminaires et les textes définitivement établis.

 

 

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Delphine Meunier, CC BY ND 2.0

 

 

Parues en 1866 dans le journal L'Événement, ces lettres n'avaient jamais été publiées dans un recueil complet. « Nous les avons retrouvées, mentionnées sous la forme de notes, dans différents livres. Mais c'est une collection que nous avons réunie au cours de toutes ces années. Dans la maison, on ne trouvait rien, mais depuis 20 ans, nous cherchons tout ce qui existe. C'est une documentation que nous avons acquise au fil du temps. J'ai moi-même acheté certains exemplaires, et d'autres nous ont été offerts. »

 

Avec Ulule, la Maison sollicite donc le public, pour obtenir les 2000 € qui financeront les 800 exemplaires à venir. « En fin d'année dernière, nous avions organisé un appel aux dons, pour financer le chauffage de la maison. Avec le financement participatif, c'est une autre manière de créer une vague de solidarité. Nous sommes aidés par de nombreux bénévoles, pour l'accueil des artistes qui viennent ici, mais l'implication du public nous importe beaucoup. »

 

La maison d'Alphonse Daudet, rachetée il y a 25 ans par une famille amie des artistes, est aujourd'hui un centre culturel consacré principalement à la littérature et à la parole. L'aide des internautes servira à passer une nouvelle étape :

  • Enrichir la collection de réédition d'œuvres d'Alphonse Daudet d'un livre qui n'a jamais été édité
  • Accueillir encore plus et encore mieux public et artistes

Le projet de créer un Centre culturel autour de la maison, porté de longue date, se poursuit aujourd'hui avec de nouvelles perspectives. « Nous avons pour ambition de créer une salle de documentation, autour des œuvres d'Alphonse Daudet. Ce projet d'édition, De mon moulin, est une pierre dans cet édifice. » 

 

Or, si la Maison travaille avec Les amis d'Alphonse Daudet, réunissant notamment des universitaires, cette édition ne contiendra aucun appareil critique, volontairement. « Il ne s'agit pas d'analyser, mais d'ouvrir au plus grand nombre. Entre les premiers textes et la version définitive de 1879, les chercheurs pourront retrouver des différences notables, mais ce n'est pas là notre projet. »

 

Des nuances, comme le conte L'Arlésienne. « Dans Les Lettres, c'est un conte plus intemporel, profond, et probablement universel. Au contraire, dans sa première version, c'est une œuvre qu'Alphonse Daudet, avec ou sans l'aide de Paul Arène, dédie à une jeune femme... frivole, que l'un ou l'autre auront connue à Paris. C'est plus léger, et s'adresse à ses contemporains. » En revanche, La Chèvre de Monsieur Seguin n'aura connu aucune modification. 

 

Pour l'occasion, l'éditrice a également prévu d'animer le livre, avec des illustrations en noir et blanc. Dans un esprit d'ombres chinoises, ces dernières sont réalisées en toute simplicité. « Si le financement fonctionne, nous avons aussi le projet de pouvoir publier l'intégralité des Lettres, avec des illustrations que réalisera un artiste contemporain. La Maison a toujours eu pour projet de faire le lien entre hier et aujourd'hui, à travers les artistes, conteurs et créateurs. »

 

De mon moulin, recueil préfigurant Les Lettres de Mon Moulin sera donc « un lieu de rencontre, entre les écrivains, Arène et Daudet et le lecteur. Et rappellera que les polémiques opposant les deux hommes n'ont jamais existé entre eux. Ils étaient très clairs sur la paternité des œuvres, et Paul l'a d'ailleurs écrit dans un courrier à Alphonse ».