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De Rabelais à la Bible, en passant par Balzac : Gustave Doré, illustrateur génial

Victor De Sepausy - 06.01.2017

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Parti de Strasbourg, Gustave Doré aura marqué l’histoire de l’édition en illustrant parmi les plus grandes œuvres qui soient. Le dessinateur, illustrateur et peintre, né un 6 janvier 1832, a profondément influencé l’art de l’illustration, travaillant sur des livres aussi variés que ceux de Balzac et Dante, ou encore sur la Bible...

 

Roland Furieux, 1879

 

 

Plus de 120 livres sont passés entre les mains de Gustave Doré. La BnF propose de retrouver une exposition qui retrace l’ensemble de son parcours. « Doré fait ses débuts d’illustrateur dès l’âge de quinze ans dans la presse caricaturiste. Il vient au livre en 1854, où il impose rapidement son style. En une trentaine d’années, il exécute près de dix mille illustrations pour l’édition. Dessinant directement sur le bloc à l’encre de Chine ou au lavis, il renouvelle la gravure sur bois par le bois de teinte qui rend à merveille les nuances et jeux de contrastes. »

 

C’est avec l’éditeur Hetzel qu’en 1855, il commence à établir une collection de grandes éditions in-folio pour des classiques de la littérature. L’Enfer de Dante sera son premier jet, et par la suite, il s’attaquera aux Contes de Perrault. « Composé de quarante “tableaux”, ce “très grand livre, très cher” paraît en 1862. Alors âgé de trente ans, Doré s’offre pour ce livre une grande liberté d’illustration : onze planches pour le seul Petit Poucet, trois pour le si court Chaperon rouge », indique la BnF.

 

On peut retrouver sur ce site l’ensemble des travaux réalisés, présentant la passion de Doré pour l’œuvre de Rabelais : dès l’âge de 21 ans, il se confronte au géant, avec 104 dessins et 14 planches, qui paraissent dans une édition de 1854. Sa carrière d’illustrateur est confirmée. « Il exécute 550 nouvelles planches pour une édition de luxe de Rabelais, publiée chez Garnier frères en 1873. Si la première édition, publication à bon marché, s’inscrit dans la tradition du livre romantique à vignettes, la seconde est plus ambitieuse par le nombre des illustrations, mais aussi par leur format (60 planches hors texte sur 718 illustrations).

 

Perfectionniste à l’extrême, Doré choisit lui-même les graveurs à qui il désire confier ses différents dessins. Oscillant entre comique et grotesque, l’illustrateur joue sur les ruptures d’échelles liées à la taille des héros rabelaisiens, se complaît dans le foisonnement des détails pittoresques dans un univers médiéval aux fortes tonalités fantastiques. »

 

Son Don Quichotte fut une autre référence : en 1863, une nouvelle édition du roman de Cervantès paraît chez Hachette, avec 377 dessins, dont 120 planches hors texte. « . Le voyage en Espagne, en 1862 avec son ami Charles Davillier, excellent connaisseur du pays, ses séances de travail avec Louis Viardot, traducteur du texte de Cervantès, et plus que tout son goût pour la fantaisie et le burlesque, ont concouru à faire de l’illustration des aventures de Don Quichotte et de Sancho Pança un des chefs-d’œuvre de Doré. »

 

La Bible, éditée en 1866, lui aura conféré toute la notoriété qu’on lui connaît aujourd’hui. 312 dessins, qui dévoilent la prédilection déjà actée pour les motifs religieux. « L’illustrateur donne toute sa mesure dans les visions épiques et les scènes à la théâtralité grandiloquente de l’Ancien Testament, se complaisant dans les effets de foule, les paysages grandioses, les scènes dramatiques, servis par de puissants effets de clair-obscur.

 

Fortement ancrées dans l’imaginaire collectif, ces images ont connu une fortune immense : certaines ont été utilisées comme support de prédication par les pasteurs anglais, d’autres ont été projetées en dioramas, d’autres enfin seront la source de péplums bibliques américains du cinéma des années 1950. »

 

L'exposition Gustave Doré BnF-Musée d'Orsay