Débat autour d'un examen de passage en 6ème

Clément Solym - 27.10.2010

Patrimoine et éducation - Programmes officiels - examen - entrée - sixième


Lorsque les enseignants du collège reçoivent les élèves de sixième, ils ne manquent jamais de s’étonner, de s’interroger sur ce que ces derniers ont bien pu faire durant l’école primaire. Pendant longtemps, on a proposé, à l’entrée de la sixième, une série d’évaluations en mathématiques et en français afin de faire le point sur les connaissances et les lacunes de chacun.

Chaque année, on s’amusait alors à faire un triste parallèle avec les résultats des années précédentes. Puis, on a décidé de supprimer les évaluations, en remettant en cause leur intérêt pédagogique. Mais cette suppression n’a, en rien, réglé l’épineux problème de la très grande hétérogénéité du niveau des élèves arrivant en 6ème.

Avec la lutte contre le redoublement, beaucoup entrent au collège en remplissant toutes les conditions pour échouer lamentablement durant quatre ou cinq ans dans les différentes matières que leur proposera le collège unique. Mais quelle solution trouver à ce mal qu’est l’échec scolaire ?


Dans un réveil intellectuel soudain, Jean-François Copé, président du groupe UMP à l’Assemblée nationale, a proposé le retour à un examen de passage en sixième comme La Solution lors d’une interview accordée à nos confrères du Parisien dimanche.

Mais cette brillante idée ne règlerait strictement rien. Le Parti socialiste s’est d’ailleurs dépêché de battre en brèche cette nouvelle idée qui n’est en fait pas du tout nouvelle et qui n’apporte rien au moulin. Le problème est à saisir bien avant le CM2.

Tout le problème est de savoir ce que l’on propose aux élèves qui arrivent en fin de CM2 sans avoir le niveau pour suivre correctement au collège. Si on les laisse passer sans rien faire, il est démontré que, majoritairement, pendant les années de collège, ils vont perdre des connaissances plutôt qu’en gagner : un comble…