David Bowie est mort hier dimanche 10 janvier d’un cancer vient de nous apprendre son fils, alors qu’il venait de fêter son anniversaire deux jours avant, cruauté de la maladie qui emporte tout sur son passage.

 

David Bowie - Aladdin Sane

Piano Piano, CC BY 2.0

 

 

La semaine dernière, France 4 avait diffusé un documentaire bouleversant de Christophe Conte et Gaëtan Chataigner « The stars look very different today ». Nous ne savions pas que l’album de Bowie Blackstar était comme un adieu, une longue lettre adressée à ceux qui l’aimaient, un pied de nez à ce cancer qui l’emportait. Oui, je serai mort, mais toujours vivant. La preuve ! Son dernier disque est parsemé de chansons sur la mort, mais « les étoiles ne meurent jamais ».

 

Parolier de génie, pour ce dernier album qui résonne, en ce jour, comme un testament, il s’est inspiré de la pièce de John Ford 'Tis Pity She’s a Whore ainsi que du roman de Burgess L'orange mécanique.

 

Le saxophoniste Donny McCaslin qui joue dans Blackstar a confié au magasine Rolling Stone que Bowie, lorsqu’il fait référence à une « chandelle solitaire », fait allusion à l’État islamique.

 

Bowie toujours dans son siècle et pourtant visionnaire de génie. En 1969, l’homme pose les premiers pas sur la lune et le martien Bowie illumine la terre. Androgyne, beau à en faire chavirer le cœur des femmes et des hommes, en raison de ses cheveux oranges, et de ses tenues que nul autre que lui ne peut porter, de sa sexualité troublante, de ses yeux vayrons, il marque le monde de la musique avec son premier album qui connaît un énorme triomphe. 

 

Dans Life on Mars en 1971, maquillé à outrance et plus androgyne que jamais, il donne les prémisses de ce personnage qui deviendra comme un jeu, un reflet miroir de lui-même, et démontrera toute l’ampleur de son génie : Ziggy Stardust.

 

Mais David Bowie, toujours à la recherche de sons, d’images, de mots, en 1976 recouvre un autre nom de lumière : The Thin White Duke. L’album Heroes paraît en 1977 et il collabore avec Brian Eno (inventeur de la musique électronique minimaliste) et enregistre ce disque à Berlin. Contrairement à la légende, c’est le seul qui sera enregistré en Allemagne, les deux autres l’étant pour Low en France et pour Lodger en Suisse.

 

Homme des métamorphoses, mystérieux, et qui continue de faire vibrer les murs du château d’Hérouville (où passèrent tant George Sand que Chopin ou des groupes des années 70) un lieu dans lequel Bowie vécut pour Pin Ups (73) et Low (76) et dont un mur porte encore un tag.

 

Acteur magnifique dans le film Furyo où il montre toute sa subtilité de jeu.

 

Homme des succès planétaires avec Let’s Dance en 1983 qui le place second au top des ventes derrière Thriller de Michaël Jackson.

 

Après les années 80, il se fait plus discret et traverse ce que certains pourraient appeler une traversée du désert, mais qui ressemble plus à une introspection mentale qui donnera lieu, ensuite, à une renaissance artistique et à une tournée mémorable qui durera de 1997 à 2003. A d’autres albums, d’autres rôles (il reprendra son personnage des Prédateurs dans une adaptation télévisuelle).

 

Bowie, artiste qui avait en 1997 prévendu sous forme d’obligation les revenus futurs de ses disques (1998 à 2007), nous quitte.

 

Nous perdons l’un de nos plus grands compositeurs, mais aussi un grand poète. Il nous laisse avec sa musique, et surtout ce flou fantasmatique qui désormais l’entourera à jamais.