Décès du couturier André Courrèges : traverser la mode sans un pli

Clément Solym - 09.01.2016

Patrimoine et éducation - Patrimoine - André Courrèges - Erik Orsenna - haute couture


« André Courrèges nous a quittés. Il avait 92 ans », a indiqué la ministre de la Culture, dans un communiqué. « Avant de se lancer dans la haute couture, André Courrèges avait étudié l’architecture à l’école des Ponts et Chaussée. Cette première passion marquera profondément toute sa carrière dans la mode, tout son art de dessiner, de construire, de bâtir une robe. »

 

Tilly Tizzani (in André Courrèges) photographed by William Klein - 1962

 

 

André Courrèges naît à Pau le 9 mars 1923. Il propose une façon de vivre saine, qui stimule le corps et l’esprit. Il étudie aux Ponts et Chaussées, découvre l’architecture, un art et une technique qui influencent toute son œuvre. Arrivé à Paris en 1945, il débute chez le grand couturier Balenciaga en 1950. Ouverture de la maison de couture en 1961, la petite robe blanche prend la première place. Grâce à lui, les femmes découvrent l’ensemble pantalon en 1961.

 

C’est dans un ouvrage signé par Érik Orsenna et Gilles Lipovetsky que l’homme est présenté, paru aux Éditions Xavier Barral. « Styliste précurseur, André Courrèges a toujours cherché au-delà de la mode à exprimer son temps. Dans l’élan des années 1960, l’inventeur de la célèbre petite robe blanche, zélateur du court, alliant simplicité et vitalité, libère le corps des femmes en dessinant minijupes, pantalons et collants.

 

Sous la couverture métallique de ce livre-objet, les couleurs et les matières du créateur-ingénieur, toujours en avance d’un présent, alternent en pleines pages avec les photographies de William Klein, Helmut Newton, Jeanloup Sieff, Peter Knapp... À travers une série de mots-clés, Érik Orsenna médite sur l’œuvre et le personnage, dont il esquisse le portrait. »

 

 

Voici le communiqué du ministère de la Culture. 

C’était un esprit novateur particulièrement en phase avec les changements qui commençaient à agiter la société française des années soixante. On vit alors un créateur futuriste et féru de formes géométriques oser des choses que l’on n’avait encore jamais vues dans la haute couture : des imperméables parachutes, des chapeaux plateaux, des pantacourts, l’usage du plastique… et bien sûr la mini jupe, dont Courrèges fut certainement l’un des plus grands promoteurs.

 

On dit « Courrèges » et l’on garde souvent le souvenir d’un univers tout en blanc. Mais, en vérité, le grand couturier savait aussi jouer avec audace des plus forts contrastes entre couleurs pures. Il aura finalement été l’inventeur d’un univers de formes et de couleurs où l’élégance ne pouvait se concevoir sans fantaisie, sans humour, sans la plus grande liberté d’esprit et de mouvement. Courrèges rendait heureuses les femmes qu’il habillait.