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Découverte : des tatouages sur des momies vieilles de 3000 ans

Camille Cado - 20.12.2019

Patrimoine et éducation - A l'international - tatouage égyptien - tatouage origine histoire - tatouage momies


S'il est maintenant admis que le tatouage ne date pas d'hier, son histoire reste très difficile à retracer. Les nouvelles technologies, notamment le rayonnement infrarouge (IR), semblent petit à petit percer le mystère de cet art ancestral. Des chercheurs ont en effet scanné plusieurs momies égyptiennes vieilles d'au moins 3000 ans, sur lesquelles, de nombreux tatouages sont apparus...

crédit : Anne Austin 
 

Un « art de jeune », un « effet de mode », voilà une découverte qui laissera bouche bée l'oncle le plus rabat-joie pendant le repas de Noël. Des chercheurs ont récemment utilisé la technologie infrarouge pour étudier des momies vieilles de 3000 ans sur le site de Deir al-Medina en Égypte. Les ondes ont révélé quelque chose d'insoupçonné : les corps étaient recouverts de tatouages...

« C'est assez magique de travailler sur une ancienne tombe et de voir soudain des tatouages apparaître sur une momie à l'aide d'une lumière infrarouge » s'enthousiasme Anne Austin, archéologue de l'université de Saint-Louis dans le Missouri, en charge d'examiner les momies. 

Jusqu'alors, peu de corps aussi si anciens ont été retrouvés avec leur encre intacte. Le site d'informations Atlas Obscura précise que pour l'Égypte, les chercheurs avaient réuni jusqu'ici 3 corps tatoués. Avec cette nouvelle découverte, 7 momies tatouées viennent s'y ajouter. 

« Le processus de momification colore la peau et empêche les tatouages ​​d'être visibles » explique Anne Austin. « L'infrarouge nous permet alors de découvrir des choses qui ne sont pas visibles de nos propres yeux. Cette technologie peut pénétrer plus profondément dans la peau que la lumière visible et ainsi dévoiler des informations sur ce qui se trouve sous cette surface. »
 

Le tatouage, une nouvelle source d'histoire


L'équipe de scientifiques date ces momies de l'époque ramesside, soit il y a environ 3000 ans. Elles ont la particularité d'être toutes des femmes.

« Ce sont les femmes qui étaient principalement tatouées », reprend Salima Ikram, égyptologue à l'Université américaine du Caire, qui a travaillé avec Anne Austin sur ce projet. Alors que jusqu'ici, les tatouages féminins antiques étaient souvent perçus comme des dessins qui représentaient la fertilité ou la sexualité, les tatouages de ces nouvelles momies découvertes montrent bien d'autres choses.

« Les tatouages des femmes que l'on a retrouvées sur le site de Deir el-Medina semblent être plus étroitement associés au rôle des femmes comme guérisseuses ou prêtresses » reprend-elle. Et en effet, certains représentent des animaux tels que le cobra, symbole puissant de protection royale et divine. D'autres ressemblent à des célèbres symboles égyptiens comme l'Œil oudjat qui désigne la protection.
Cette découverte apporte de nouvelles connaissances sur la culture égyptienne que l'on ne trouve pas dans les textes. Anne Austin affirme que « ces tatouages révèlent de nouvelles informations qui n'apparaissent à aucun moment dans les parchemins. Cette découverte nous permet de mieux comprendre les expériences et la vie des femmes du village ».
 

Une momie recouverte d'au moins 30 tatouages
 

La plus grande découverte a été sans hésitation cette momie dont le corps était recouvert de tatouages, « au moins 30 » précise Anne Austin. Certains tatouages, ornant les bras et le cou, étaient même visibles à l'oeil nu. Si dans le monde des momies tatouées, cette trouvaille est une aubaine, dans le monde de la science, c'est une invitation à s'interroger, encore et encore. 


crédit : Anne Austin 
 


Parce que si le rayonnement infrarouge s'est révélé être un outil très utile, quelques tatouages ont également pu résister aux ondes de la technologie. En cause notamment, les résines utilisées lors de la momification. 

Renee Friedman, conservatrice au British Museum avait trouvé des tatouages sur des momies prédynastiques en 2018, soit 120 ans après leur arrivée au musée. « On espère trouver d'autres technologies susceptibles de fournir une meilleure visibilité » affirme-t-elle, avant d'expliquer que beaucoup de tatouages égyptiens ont ainsi pu passer à la trappe de l'infrarouge.

« Je continuerai de travailler sur le site de Deir al-Medina en janvier » a déclaré Anne Austin. « J'espère pouvoir trouver plus de momies tatouées. Grâce à un corpus plus vaste, nous pourrons mieux comprendre ce que cette tradition signifiait vraiment pour les Égyptiens. »




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