Découvrez Der Orchideengarten, le premier magazine fantasy de l'histoire

Antoine Oury - 24.06.2016

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Lorsque l'on évoque la tradition du magazine de fantasy, plus volontiers dirigé vers les récits horrifiques, le premier nom qui vient en tête est Weird Tales. Ce magazine américain, fondé en 1923, stoppé en 1954, puis relancé en 1988, reste une référence bien vivante aujourd'hui. Mais il y eut un précurseur, en Allemagne, dès 1919 : Der Orchideengarten.

 

 

 

Le magazine, dont le premier numéro est publié en janvier 1919, a été créé par l'écrivain autrichien de langue allemande Karl Hans Strobl et l'écrivain et peintre austro-allemand Alfons von Czibulka. Dès 1918, ils démarchent des éditeurs avec leur projet de magazine axé fantasy — avec descriptions d'univers merveilleux et magique —, mais aussi fantastique, avec des créatures horrifiques et une ambiance volontiers glauque.

 

« Tous les arts sont fantastiques, car ils sont sans limites et incompréhensibles », soulignaient les deux compères dans leur présentation proche du manifeste. Le premier numéro du magazine, et la plupart des 50 numéros qui suivirent, propose 24 pages qui mêlent textes — d'auteurs allemands contemporains ou d'auteurs européens traduits —, mais surtout des illustrations à la fois terrifiantes et fascinantes.

 

Pour son versant fantastique, Der Orchideengarten puise largement dans le vivier des auteurs français passés maîtres du genre : Guy de Maupassant, Théophile Gautier, Victor Hugo, Villiers de l'Isle-Adam, mais aussi Guillaume Apollinaire et Charles Nodier. Sans oublier les Britanniques, de Charles Dickens à Edgar Allan Poe en passant par H. G. Wells. 

 

Les écrivains allemands produisaient des histoires spécialement pour le magazine : Strobl en premier lieu, mais aussi Hermann Harry Schmitz, Leo Perutz, Alexander Moritz Frey et E. T. A. Hoffmann, qui vit quelques-uns de ses récits reproduits dans les pages de Der Orchideengarten.

 

Deux numéros du magazine furent spécialement dédiés à des histoires d'enquêtes policières, et un autre à des récits érotiques mettant en scène des femmes dominatrices, mais le magazine se consacrait uniquement aux histoires horrifiques et fantastiques. 

 

 

Der Orchideengarten était également prisé pour ses illustrations, qui rendent compte d'un certain génie graphique allemand du début du XXe siècle. Rolf von Hoerschelmann, Otto Linnekogel, Karl Ritter, Heinrich Kley, Alfred Kubin, Eric Godal, Carl Rabus, Otto Nückel et Max Schenke, entre autres, occupaient les pages du magazine avec des dessins colorés ou en noir et blanc, sous forme de peinture ou de simples crayonnés.

 

Le dernier numéro du magazine parut en 1921.

 

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