Découvrez le saint des saints, les carnets de Gustave Flaubert

Victor De Sepausy - 04.11.2017

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L’écrivain qui, « fenêtres ouvertes, en manches de chemise [gueulait], dans le silence du cabinet, comme un énergumène », n’a pas manqué de fasciner ses lecteurs. Et si l’on sait l’homme obsessionnel dans sa réécriture, on peut aussi le découvrir maniaque dans ses archives : « Jamais je ne jette aucun papier », avouait-il à Louise Colet, en 1853.

 

Les Soirées du Louvre, Flaubert, dessin, Pierre-François-Eugène Giraud. 

 

 

Même ceux qui sont passés totalement à côté des merveilleuses catastrophes, dont Flaubert nous a régalés, en ont un souvenir ému. Souvent agacé autant qu’ému, mais Flaubert ne peut laisser indifférent. Ces dernières semaines, Gallica a présenté un quasi-feuilleton d’histoire littéraire, avec Gustave en point de mire. 

 

Depuis L’Éducation sentimentale littéralement étrillée par des contemporains fous de n’y avoir rien entendu — même la presse littéraire démontre combien elle était en avance sur son avenir réactionnaire — en passant par les dessins représentant le maître, on parcourt bien des choses. 

 

Par exemple, cet extrait de la critique du livre, par Amédée de Cesena, parue dans Le Figaro, en date du 20 novembre 1869 : « Est-ce bien un roman ? C’est peut-être là le roman de l’avenir, comme la musique de Wagner est la musique de l’avenir, comme la peinture de Courbet est la peinture de l’avenir. Je plains l’avenir. »

 

Flaubert sut s’en plaindre, directement auprès de George Sand : « On me traite de crétin et de canaille. » Et heureusement, Banville, Zola et les autres sont là pour le soutenir. Fort bien. 

 

On retrouve également, grâce à la magie de la numérisation patrimoniale, et la collaboration autour de Bibliothèque municipale de Rouen, notamment, l’ensemble des œuvres de Flaubert numérisées, et disponibles sur Gallica. 

 

Carnets : Flaubert en voyage et au travail
 

Mais surtout, ce sont les manuscrits laissés en héritage, ces documents qu’il ne vouait jeter pour rien au monde, que l’on découvrira avec gourmandise. L’établissement propose en effet les trente carnets de voyage et de travail du romancier (par ici). Ils proviennent de la bibliothèque historique de la ville de Paris, et sont tout aussi précieux qu’ardus à déchiffrer.


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Mais c’est avant tout parce que Flaubert lui-même a une vision très précise de leur usage et se sert d’eux suivant les nécessités du moment. « Christian-Marc de Biasi, qui a étudié et édité exhaustivement les carnets de travail, a pu déduire de l’écriture et du format même de ces carnets l’usage qu’en faisait Flaubert, distinguant les carnets “sédentaires”, outils de cabinet, de plus grand format, écrits à l’encre, des carnets “nomades”, calepins de poche de plus petit format, souvent écrits au crayon », note Gallica. 

 

Et d'ajouter : « La complexité de ces carnets n’a d’égal que leur richesse, faisant écho à pratiquement toutes les œuvres, tous les voyages, les projets ou les préoccupations de Flaubert. » Passionnant Gustave, qui n’en finit jamais de faire sourire, tant ses petites manies lui donnèrent le talent pour faire une grande œuvre…

 

À retrouver sur le blog de Gallica, le dossier Flaubert dans tous ses états.