Un ensemble exceptionnel — manuscrits et dactylographies — représentant une grande partie du travail d’écrivain d’Henry de Monfreid (1879-1974), l’un des plus grands aventuriers des temps modernes, sera proposé pour la première fois aux enchères le 14 juin prochain chez Artcurial.




 

Ce trésor est resté dans la descendance d’Henry de Monfreid jusqu’à ce jour. Il est estimé autour de 200.000 € pour une centaine de lots. C’est la genèse de l’œuvre d’Henry de Monfreid que nous découvrons ici, le formidable témoignage du processus créatif de l’écrivain. Certains ouvrages apparaissent sous plusieurs versions, du premier brouillon à la dactylographie de la version finale, témoignant du travail acharné et talentueux de l’auteur.



 

Henry de Monfreid révèle très tôt un tempérament hors norme. Il navigue avec son père sur le yacht familial dès l’âge de 5 ans ; la passion de la mer s’ancre en lui pour toujours. À 13 ans, pensionnaire à l’École alsacienne après la séparation de ses parents, il explore les toits de Paris comme autant de canyons extraordinaires. On devine la suite... Plus tard, ses frasques lorsqu’il prépare le concours de Polytechnique le mettent hors-jeu.


Le décor de l'émission Apostrophes, fauteuils compris, mis aux enchères


Après plusieurs années de tâtonnements où il sera successivement colporteur, chauffeur de maître, contrôleur de lait chez Maggi, il veut devenir son propre patron. Il achète un élevage de volaille, mais les poulets meurent. Il investit dans une petite laiterie près de Melun, mais la Seine déborde et les installations sont inondées. C’est à nouveau la faillite. Il décide de partir sous d’autres cieux.
 

« À trente ans, écœuré des éternels recommencements de l’existence paisible, je m’affranchis du troupeau et m’enfuis vers les contrées dites sauvages... »
Henry de Monfreid, L’Envers de l’aventure, Paris, Bernard Grasset, 1953-1968


Destination : l’Éthiopie, où il fait du négoce en cuirs et cafés. L’ennui le gagne très vite et il s’installe à Djibouti en 1913 pour retrouver la mer. Il achète un boutre, le Fath-el-Rahman. C’est le début d’une longue aventure qui l’emmènera en Mer Rouge et dans la corne de l’Afrique. Il sera tour à tour pêcheur de perles, trafiquant d’armes, de hachich et de cocaïne. Il rentrera en France en 1947, à 68 ans, et écrira jusqu’à la fin de sa vie. Il s’éteint à l’âge de 95 ans.