Il est des mots, au Québec, dont on ne parle pas plus que de cordon dans la maison d’un pendu, écrivait Edmond Rostand. Pour avoir employé le terme Amérindiens dans des manuels scolaires de 3e et 4e secondaires, un éditeur s’est vu imposer un retrait des ouvrages. Direction, le pilon.

 

Assemblée nationale du Québec
abdallahh, CC BY SA 2.0

 

 

« Je suis enseignant en histoire au secondaire, et dernièrement mon école a dû renvoyer tout un lot de manuels d’histoire de troisième et de quatrième secondaire, parce que certains membres de la communauté autochtone du Québec étaient froissés de l’utilisation du terme “Amérindien”. »

 

Voilà le message diffusé, accompagné de quelques remarques : on n’écrit pas Amérindien, mais Autochtones ou Premières nations. Et d’ajouter : « Je tiens à vous préciser que le reste du manuel est identique à celui de la première édition à la virgule près. Notez aussi que ce manuel se détaille 94,95 $. » (via Journal de Montréal

 

Conclusion, les manuels ont été rapatriés en urgence, pour un coup de 1,6 million $ CA, pour un mot malvenu. Et ce, alors que des enseignants doivent manifestement débourser de leur poche 150 à 200 $ pour du matériel à destination des étudiants. 

 

Et le chroniqueur Richard Martineau de railler, non sans un certain bon sens : « On va rappeler tous les disques de Joe Dassin parce que c’est écrit “'L’été indien”' dessus ! » 
 

 

Dans les faits, le terme est véritablement délicat – pas du tout politiquement correct au Québec. Pour la maison d’édition, qui a dû récupérer les livres et les renvoyer corrigés, le coût est particulièrement important. Bryan Saint-Louis, le port-parole, confirme en effet le montant de la douloureuse auprès du Soleil

 

Sauf que c’est bien le gouvernement national qui devra la régler – et donc le contribuable. « Un programme d’histoire nationale qui fasse l’unanimité de tous, c’est à peu près impossible. C’est à peu près impossible de satisfaire tout le monde. Au moins, le programme actuel […] satisfait la très grande majorité », indique Raymond Berard, président de la Société des professeurs d’histoire du Québec. 

Mais un mot n'en vaut pas un autre...




Commentaires
ENTRE "1984" ET "FAHRENHEIT 451"

Les livres n'ont pas été "renvoyés corrigés", ni "renvoyés avec les termes corrigés". Ils ont été "réédités, réimprimés et renvoyés". On ne dit pas ce que sont devenus les exemplaires litigieux. Probablement pilonnés. J'aurais imaginé des bûchers devant chaque école, avec des Peaux-Rouges emplumés dansant autour, tandis que circule l'eau-de-feu. Au fait, comment traduire "Autochtone" ou "Premier national" en français?
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