Des fragments de manuscrits trouvés à Qumran, moins vierges que prévu...

Victor De Sepausy - 04.06.2020

Patrimoine et éducation - A l'international - fragments manuscrit Qumran - Mer morte fragments - découverte manuscrits


On les croyait muets, ils ont fini par se mettre à table : l’université de Manchester est parvenue à exploiter des fragments de manuscrits de la Mer Morte, considérés comme vierges. Hébergés dans la bibliothèque John Rylands de l’établissement, ils dévoilent finalement quelques précieux éléments.

Qumran panorama
 

La découverte aura nécessité la triple collaboration des professeurs Joan Taylor (King’s College de Londres), Marcello Fidanzio (Faculté de théologie de Lugano) et du docteur Dennis Mizzi (Université de Malte). Les trois hommes intervenaient dans le cadre d’une étude financée par Leverhulme, organisation britannique dédiée à l’octroi de subventions, au King’s College de Londres.

Contrairement à de précédents cas qui se sont avérés des contrefaçons, les manuscrits observés découlent de fouilles organisées dans les grottes de Qumran. Il s’agissait là d’opérations archéologiques officielles — et les fragments n’ont jamais circulé dans le marché des antiquités.

De fait, ils furent offerts par le gouvernement jordanien à Ronald Reed en 1950. Cet expert de l’université de Leeds devait alors les étudier, à travers un prisme chimique. Ces pièces n’avaient, supposait-on, aucune valeur spécifique, puisque vierges. Il était alors concevable de les maltraiter avec quelques produits. 

Puis, en 1997, la collection Reed fut confiée à l’université de Manchester, grâce à l’intervention du professeur de Rylands, spécialisé dans la critique biblique, George Brooke. Les fragments furent tout aussi soigneusement stockés qu’oubliés…



 
Pourtant, le professeur Taylor a émis l’hypothèse que les fragments pourraient très bien contenir quelque chose d’exploitable. Il aura fallu un système photographie et le recours à l’imagerie multispectrale pour lui donner raison.

Sur les 51 fragments, six ont été identifiés comme porteur d’un message : quatre d’entre eux en hébreu/araméen, furent repérés. Un texte lisible, écrit avec une encre à base de carbone. L’étude dévoile d’autres lignes de textes et des traces de lettres sur d’autres fragments.

Cependant, l’un d’entre eux affiche quatre lignes de texte, avec une quinzaine de lettres, dont la plupart ne sont que difficilement déchiffrables. On identifie pourtant le mot Shabbat très clairement.

Les premières conclusions relieraient le fragment au texte d’Ezechiel (46:13).

« Avec les nouvelles techniques d’exploitation de textes anciens désormais disponibles, j’ai présumé que nous pourrions savoir si les lettres pouvaient être dévoilées. Il n’y en a que quelques-unes sur chaque fragment, mais ce sont comme les pièces manquantes d’un puzzle que vous retrouvez sous un canapé », indique le professeur Taylor. 

Forts de ces trouvailles, d’autres fragments vont bien entendu passer au crible.


photo : Qurman - Yair Aronshtam, CC BY SA 2.0


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