Des fragments médiévaux inédits sur l'histoire de Merlin l'enchanteur

Victor De Sepausy - 01.02.2019

Patrimoine et éducation - A l'international - Merlin enchanteur Arthur - fragments découverte Merlin - fragments histoire Merlin


Une petite merveille que ce manuscrit médiéval exhumé des fonds de la bibliothèque de Bristol. Enfin, plutôt un ensemble de fragments qu’un ouvrage complet. Mais voilà : ces derniers relatent la vie légendaire et magique de Merlin l’enchanteur, personnage essentiel de l’épopée arthurienne. Merveilleuse matière de Bretagne...


Université de Bristol
 

Dans des ouvrages du XVe et XVIe siècle, des fragments de manuscrits racontant l’histoire de Merlin ont été découverts. La bibliothèque de Bristol et ses experts n’en reviennent pas : entre chacun, des différences subtiles, mais significatives en regard de l’histoire que l’on connaît. 
 

C'est en déambulant dans les couloirs...


Trouvaille fortuite, donc, que fait Michael Richardson, en parcourant les collections spéciales de l’établissement. Ce dernier recherchait des ouvrages pour ses étudiants, et spécifiquement sur l’histoire littéraire médiévale. 

Il tombe alors sur ces textes, identifiant rapidement plusieurs noms du cycle arthurien. Contact pris avec Leah Tether, présidente de l’Internationale Arthurian Society, il lui fait part de ses découvertes. 

Les pièces se trouvaient dans des ouvrages imprimés à Strasbourg entre 1494 et 1502. Les livres furent vraisemblablement acheminés vers l’Angleterre avant que d’être reliés – reliure dont le style laisserait entendre qu’elle fut réalisée au début du XVIe siècle. 

Les fragments devaient attendre d’être recyclés, probablement considérés comme inutiles dans l’ensemble du texte. En effet, le parchemin est à cette époque une denrée rare et coûteuse : il était donc possible de réutiliser un morceau de papier, même comme outil pour la reliure. 
 

Merlin, Arthur, un combat fatastique


Des universitaires de Bristol et Durham sont actuellement en train de passer au crible ces documents, pour en attester l’origine et la valeur. 

Selon les premières hypothèses, il proviendrait d’une séquence de textes anciens, datés du XIIIe siècle, connus sous le nom de Vulgate Cycle ou Lancelot-Grail Cycle. Certains de ces éléments furent utilisés par Sir Thomas Malory (1415-1471) pour la rédaction de Le Morte d’Arthur, parution posthume en 1485. 

Pour Leah Tether, il est également évident qu’une huitième feuille existe, qui se sera perdue, dans l’utilisation du parchemin pour produire la reliure définitive. Les dommages constatés sur les sept autres fragments confirmeraient cette intuition.


Merlin face à Arthur c. 1352  (XIVe s.) Vellum British Library, London, England


En ce qui concerne le récit même, les pages présentent une séquence continue de l’Estoire de Merlin, connue sous le nom de Suite Vulgate de Merlin. Les événements de cette aventure débutent avec Merlin, Arthur, Gauvain et certains autres chevaliers – le roi Ban et le roi Bohors. 

Une bataille se prépare, à Trèbes, contre le roi Claudas et ses partisans. Le plan d’attaque, c’est à Merlin qu’on le doit. Et alors qu’une grande description de bataille dépeint la scène, les forces d’Arthur semblent sur le point de flancher. Merlin part dans un discours d’exhortation qui incite les chevaliers à reprendre les armes.

L‘enchanteur mènera lui-même la charge, s’emparant de l’étendard de Sir Kay – que le magicien avait offert à Arthur. La table ronde sortira vainqueur de cet affrontement, bien entendu. S’ensuivent les relations entre Merlin et Viviane, leur rencontre, etc. 

De cette trame générale, connue des historiens, plusieurs éléments tirés des fragments indiquent des changements significatifs. Le roi Claudas est ainsi blessé à la cuisse dans la Vulgate, alors que sa plaie est attestée dans les fragments, sans être spécifiée. Chose intéressante puisque, dans ces textes, la plaie a souvent une valeur métaphorique, pour désigner l’impuissance ou la castration.

« Il existe bien des différences, mais, du fait des dommages subis, il faudra du temps pour en déchiffrer correctement le contenu. Cela passera peut-être même par l’utilisation d’une technologie infrarouge », souligne le Dr Tether.


Commentaires
L'article réussit l'exploit de ne pas mentionner dans quelle langue sont écrits ces manuscrits. Cela semble être du vieux français.
big surprise big surprise étrange de voir ainsi nommé Merlin lorsque l'on sait qu'il était souvent mentionné sous le nom de Myrddin
Imprimé à Strasbourg à la fin du XVème siècle, la graphie Merlin semble tout de même beaucoup plus probable que la graphie galloise.
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