Des manuels scolaires téléchargés illégalement, truffés de virus et malwares

Nicolas Gary - 04.09.2019

Patrimoine et éducation - Ressources pédagogiques - manuels scolaires virus - piratage téléchargement illégal - malware université


Pour s’épargner le coût prohibitif des manuels scolaires, les étudiants entrant à l’université n’hésitent pas à opter pour le côte obscur de la force. Il est notoire que pour les élèves américains, ce poste de dépense représente des sommes très importantes. Et s’il n’est pas possible de pirater sa chambre d’étudiant, les manuels recommandés, eux, le sont plus facilement. 


 

Quand des groupes éditoriaux aussi monstrueux que Pearson affirment leur virage numérique, c’est avant tout pour faire face à la crise du secteur. Outre-Atlantique, les ouvrages universitaires recommandés par les enseignants et conférenciers ont vu leur prix augmenter de 800 % entre 1978 et 2014. Le chiffre, communiqué par le US Census Bureau, indique une hausse trois fois supérieure à celle de l’inflation. 

Dans ces conditions, les solutions PRPM — plus radin, plus malin… – finissent par s’imposer pour celles et ceux que les coûts d’entrée à la fac ont déjà mis sur les rotules. D’autant que ces frais de scolarité eux-mêmes sont en hausse de 10 % annuellement. En 2017, la dette des étudiants atteignait 1300 milliards $ — soit 32.000 $ en moyenne par étudiants. Voilà trois ans, ils étaient 44 millions d’étudiants endettés — 170 % de plus qu’en 2006. 

On recense à ce titre une cinquantaine d’universités où les coûts d’une année scolaire sont supérieurs à 60.000 $ (via Business Insider). Dans ces conditions, c’est évidemment le contenu qui est sacrifié sur l’autel du piratage. Sauf que les pirates en ont amplement pris conscience. 
  
Les derniers examens réalisés par l’éditeur d’antivirus Kaspersky sont — comme toujours — à remettre en perspective : quand on vend une solution de protection contre les virus et autres dangers du net, il est dans l’intérêt de l’entreprise de clamer que ces dangers existent. 

Cependant, au cours de la dernière année universitaire, Kaspersky fait état de 356.000 ouvrages scolaires universitaires, disponibles en version contrefaite, qui étaient infectés par un malware. Le logiciel malveillant peut recouvrir plusieurs domaines : les chevaux de Troie ou les enregistreurs de frappe sont les plus connus. Et il ne s'agit dès lors plus que d'un simple problème de propriété intellectuelle.
 

Une importante capacité de nuisance


L’objectif est de nuire au système informatique contaminé et suivant leur ADN, les conséquences sont plus ou moins détestables. Au cours de ces dernières années, de sont les ransomwares — logiciels qui réclament une somme d’argent pour que l’utilisateur puisse utiliser son ordinateur alors bloqué par le malware — qui tiennent le haut du panier. Et le montant de la rançon serait en hausse, autour de 13.000 $. 

Certes, l’étudiant entré à la fac n’est pas forcément la cible privilégiée des pirates qui essaiment leurs ransomware, mais Kaspersky reste formel : plus de deux tiers des incidents survenus sur les ordinateurs de ces élèves découlaient du téléchargement d’essais. Le dernier tiers était lié à des manuels scolaires contenant un pourriciel : en premier lieu, ceux de mathématiques, puis ceux de littérature. 

La souche de ces malwares est manifestement liée au ver Stalk, qui avait la capacité de se propager via des clefs USB. Et si, en soi, Stalk ne représente pas un danger, il ouvre facilement la parte à des attaques plus nuisibles. Kaspersky liste les menaces les plus couramment rencontrées, une fois ces manuels illégalement téléchargés et ne peut que recommander la prudence. Si l’étudiant n’a pas le choix de pirater, alors qu’il fasse preuve d’une grande vigilance.

« Si possible, essayez de trouver votre livre dans une bibliothèque physique ou sur leur site », recommande-t-on. Et au besoin, un peu de bon sens…

Les données concernent strictement les étudiants américains, mais la décision du gouvernement français que d’opter pour des manuels scolaires numériques généralisés en lycée aura aussi pour conséquence d’intéresser les hackers. Des classes entières, connectées à internet, avec tablette ou ordinateur portable, cela représente une belle manne…


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