Des momies dans la tombe de Cervantès : un fils secret dans la Manche ?

Clément Solym - 18.01.2016

Patrimoine et éducation - A l'international - Miguel Cervantès - Don Quichotte - momies tombes


Madrid a décidé de mener l’enquête, après la découverte de momies datées du XIXe siècle dans la crypte de Miguel Cervantès. Trouvés en mars 2015, ces vestiges étaient abrités dans le couvent de l’Église des Trinitaires, où avait été enterré l’écrivain. L’Espagne choisissait d’exposer les ossements alors exhumés, mais ces trouvailles relancées le goût pour les fouilles.

 

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Jean-Christophe Jacques, CC BY 2.0

 

 

Dans le sous-sol de la crypte, à plus d’un mètre cinquante de profondeur, les historiens ont pu mettre la main sur des os venant de dix adultes et cinq enfants. Débuta alors un long et minutieux travail de reconstitution, pour arriver à recomposer les squelettes. Au terme de ce dernier, des reliques de l’auteur de Don Quichotte seraient apparues. Fort bien. 

 

L’agence EFE précise alors que, depuis ce moment, la mairie de Madrid va enquêter sur les momies alors mises à jour. Un travail de 30.000 €, mené par ces mêmes chercheurs qui avaient localisé la tombe de Miguel de Cervantès, et ses restes. 

 

En Commission culture, le directeur des Archives, du patrimoine et des bibliothèques de la ville, Belén Liera, n’a pas manqué de souligner que 2016 marquait le 400e anniversaire de l’écrivain. L’étude des momies, si elle ne doit pas forcément apporter de nouvelles informations sur l’écrivain, s’inscrira dans un cadre de recherches archéologiques. Les premières hypothèses envisagent que ces corps puissent toutefois avoir une grande valeur historique. 

 

Il faudra cependant fermer les lieux au public, pour que les fouilles démarrent, et ce, alors qu’un monument érigé à la mémoire de Cervantes trône dans les lieux. Ouvrir la crypte aux scientifiques implique de la fermer au public. Par la suite, une période de quatre à cinq mois viendra condamner les lieux. 

 

Encore faudra-t-il obtenir un accord avec les religieuses de l’Église Trinitaire. Surtout que, pour l’heure, les religieuses accordent une autorisation pour visiter l’annexe

 

Seule chose connue avec certitude, ce sont des ossements d’enfants que les archéologues examineront.  

 

Pour le 400e anniversaire, la municipalité a prévu plusieurs événements, avec en point d’orgue une exposition, La Corte de las Letras. Cervantes y el Madrid de su época, qui doit être présentée en octobre prochain, et durer jusqu’en mars 2017. Le conservateur, archiviste et historien Francisco Marín Perellón a été chargé de cette manifestation.