Des pages vierges dans un manuel scolaire sur l'art à 180 $

Clément Solym - 19.09.2012

Patrimoine et éducation - A l'international - histoire de l'art - manuel scolaire - étudiants


Voilà un couac de bon aloi, auquel des étudiants canadiens en art ont été confrontés. Un ouvrage sur l'histoire de l'art, vendu 180 $ et obligatoire dans leur cursus, est au centre d'une vilaine histoire de violation du droit d'auteur, de bêtise sans nom et colère de la part desdits étudiants. Ambiance chaude, dans l'Ontario College of Art and Design University.

 

 

 

 

 

On croit rêver : alors que l'ouvrage Global Visual and Cultural Material: Prehistory to 1800, est à lire obligatoirement dans la formation des élèves, ces derniers ont eu la mauvaise surprise de découvrir que nombre de pages... étaient vierges des illustrations que l'on pouvait attendre. On aurait pu croire à un concept artistique, mais dans le cadre d'un ouvrage universitaire, on laisse peu de place à la fantaisie. 

 

Le National Post qui en publie quelques exemples, pointe l'évidence : les livres contiennent des pages complètement vides. Mais on se gratte toujours la tête, en cherchant à comprendre. L'ouvrage est en fait un texte conçu pour l'OCAD, tout spécifiquement. Il compile trois textes en un seul : Art History, vendu 144 $ et , Graphic Design History: A Critical Guide pour 92 $, ainsi qu'une compilation de documents réalisée par l'OCAD. 

 

La somme de ces trois documents aurait coûté plus de 300 $ aux étudiants, bien au-delà de leurs moyens, assure Kathy Shailer, doyenne de l'université Faculty of Liberal Arts and Sciences. Mais, s'il n'est pas nouveau que les livres scolaires sont particulièrement cher, les étudiants se résignent,  en se persuadant qu'ils pourront les revendre l'année suivante. 

 

Découvrir qu'un manuel est vendu au rabais, mais qu'il contient des pages vierges, a tout de même paru délirant aux étudiants, et l'apprentissage relèverait presque de la croix - au détriment de l'art - et de la bannière. Un véritable calvaire, surtout que dernièrement, les tribunaux canadiens saisis sur la question des illustrations avaient offert une acception assez large du Fair Use, dans le domaine scolaire. Et qu'en l'occurrence, les images d'illustrations auraient tout à fait pu être utilisées. « Sauf que la simple menace de revendications sur le droit d'auteur, apparemment, crée une situation absolument ridicule », explique-t-on chez TechDirt.

 

Les élèves ont mis en place une pétition pour dénoncer ce livre trompe-l'oeil, mais rien ne dit qu'ils obtiendront ni les illustrations, ni le remboursement de leur livre.