Des professeurs de lettres classiques montent au créneau

Clément Solym - 24.08.2010

Patrimoine et éducation - Programmes officiels - langues - anciennes - professeurs


Depuis plusieurs décennies déjà certains membres de l’Education nationale dénoncent le sort fait à l’enseignement des langues anciennes. Si l’on remonte quinze ou vingt ans en arrière, c’était encore chose aisée de trouver un collège proposant aux élèves d’apprendre le grec et le latin.

C’est désormais de l’histoire ancienne et l’enseignement du grec a peu à peu disparu quand, dans le même temps, il ne restait que la portion congrue au latin.

En effet, depuis une vingtaine d’années, des adversaires de poids sont venus attaqués l’option latine sur ses créneaux horaires, obligeant les parents exigeants à l’égard du savoir dont doivent disposer leurs enfants à choisir entre l’anglais renforcé, la musique, le sport et j’en passe.

Mais, pour tuer l’enseignement des langues anciennes, il fallait encore aller plus loin, attaquer le mal à la racine, en réformant le Capes de lettres classiques, concours recrutant les futurs professeurs de latin et de grec, afin de le vider purement et simplement des matières qui faisaient sa grande particularité.

Dans une longue et vive contribution parue dans Le Monde daté du 20.08.2010, des membres du jury du capes de lettres classiques ont tenu à dénoncer cet état de fait, rappelant qu’une autre lecture de la réalité et de l’évolution de l’enseignement est possible.

On bascule effectivement dans un non sens total quand le « Capes de lettres classiques flambant neuf » sera, pour ainsi dire, « sans latin ni grec… Tout au plus les candidats auront-ils à se fendre de quelques bribes de versions, comme nos collègues de lettres modernes traduisent parfois un peu d''anglais. Fi des explications de Virgile, Horace, Sénèque, Cicéron, Euripide, Eschyle, Platon… Place au contrôle de l''éthique du fonctionnaire et à l''épreuve reine : le commentaire d''une photocopie de manuel scolaire… »

Des échos étranges


Dans une précédente tribune, Philippe Baumel, membre du Conseil national du PS, avait fait valoir l'indifférence présidentielle face à ce sujet. « Si La Princesse de Clèves ne semble guère utile aux yeux de notre président de la République, le latin et le grec, Cicéron, la Guerre des Gaules, Pline, Virgile et Sénèque seront, semble-t-il, bientôt voués à la critique rongeuse des souris sinon à un exemplaire autodafé sous la haute autorité de Monsieur Luc Châtel, ministre du Marketing éducatif. »