Des révélations sur l'origine des manuscrits de Qumran

Nicolas Gary - 06.06.2020

Patrimoine et éducation - A l'international - manuscrits mer Morte - Qumran analyse fragments - ADN fragments textes


Découverts entre 1947 et 1956 à Qumran, quelque 900 manuscrits ont émerveillé la vie des chercheurs. Une partie de ce trésor archéologique et linguistique — textes en hébreu, araméen, grec — a subi des tests ADN. Quelques fragments écrits sur peau animale donnent jour à de nouvelles découvertes, tant sur leur origine que la société d’alors.


 

Les chercheurs israéliens responsables du projet n’en sont pas revenus. La découverte dans les grottes de Qumran de ces vestiges était en soi une fameuse trouvaille. Mais l’examen ADN a démontré que certains des fragments avaient été rédigés sur des peaux de vache et de moutons. « [A]uparavant nous estimions que tous étaient écrits sur des peaux de chèvres », indique Pnina Shor, qui supervise l’étude, à l’AFP. 
 

Bonjour bovins et ovins !


Une anecdote ? Loin de là : de fait, les textes avaient été découverts au pied de la Mer morte, en plein désert. Mais le recours à du cuir de vache ou de mouton démontrent qu’ils ont été réalisés ailleurs. Et cela remet en question les assurances que l’on entretenait sur la période du Second Temple (du VIe av. J.-C. au au 1er siècle).

C’est précisément à cette période que la bible hébraïque fut achevée, ainsi que les livres deutérocanoniques et par la suite le Nouveau Testament.

Les 13 textes passés au crible au cours de 7 années de recherche n’en diront pour l’heure pas plus sur leur origine — et moins encore sur leurs auteurs. Pour autant, ces interrogations pourront trouver des réponses plus précises avec ces seuls éléments. 
 
Beatriz Riestra, une des chercheuses, précise : « Nous voyons des différences à la fois dans le contenu et dans le style de calligraphie, mais aussi dans la peau de bête utilisée pour le parchemin, ce qui prouve qu’ils sont de provenance différente. » Or, ce sont près de 25.000 fragments que l’on a découverts au cours des 60 dernières années. Et la piste de certains semble plus facile à remonter que pour d’autres.

Pour Oded Rechavi, professeur à l’université de Tel-Aviv, les conclusions découlant d’analyses génétiques ont déjà permis aux scientifiques d’établir des relations historiques majeures. « C’est comme reconstituer un puzzle. Il existe de nombreux fragments de parchemins que nous ne savons pas comment relier et si nous mettons ensemble de mauvaises pièces, cela peut changer considérablement l’interprétation », reprend-il.  

 
La paléogénomique, discipline ici mise en œuvre, puise en effet dans le matériel génétique de quoi reconstituer un génome. Par le passé, elle fut utilisée pour les mammouths qui furent exhumés dans le pergélisol de Sibérie. Appliquée à des textes vieux de 2500 ans, elle autorise des recoupements d’indices, non seulement pour reconstruire des textes, mais également pour les identifier.

Noam Mizrahi, chercheur en études bibliques à Tel-Aviv, indique que l’on a découvert de la sorte deux versions du livre de Jérémie. Textuellement distinctes l’une de l’autre, la paléogénomique a confirmé qu’elles venaient de l’extérieur du désert de Judée.
 

D'autres perspectives


Concernant les manuscrits de Qumran — 25.000 fragments, donc, qui composent 1000 manuscrits, trouvés à travers les 11 grottes du site — pourraient alors n’être qu’une bibliothèque. La secte “extrémiste” vivant recluse les aurait alors recueillis, laissant envisager un monde bien plus vaste. Les chercheurs avaient en effet considéré que les textes avaient été écrits par les Esséniens, branche juive connue pour son ascétisme. Pour d’autres, ils avaient été transportés dans les grottes depuis tout le territoire, pour garantir leur protection.

De fait, l’élevage de vaches implique la présence d’herbe et d’eau en quantité. Qumran n’était simplement pas propice à l’élevage de bétail. Et dans le cas du livre de Jérémie, les deux versions distinctes relatent des faits qui s’écartent même du texte biblique aujourd’hui connu. La paléogénomique a pu révéler qu'en plus, ils reposaient sur deux supports de cuir animal différents. Les textes ont ainsi été écrits à différents endroits de la mer Morte et même au-delà. 

L’une des questions demeure : pourquoi avoir entrepris le transport de ces manuscrits ? Et, corollaire, qui disposait des ressources pour ce faire, à une époque où ces documents étaient particulièrement onéreux ? Les peaux produites localement auraient grandement simplifié la reproduction. 


via Science direct (résultats des recherches), Times of Israel


photo Osama Shukir Muhammed Amin FRCP(Glasg), CC BY SA 4.0


Commentaires
Nous avons deux écris sur Jérémie d'origine différente. Je préférerais une discussion sur le contenu. Pour la datation du contenant, j'ai confiance dans les savants.
Ces manuscrits et ce que du livre sacré de Moïse Thora ou les journaux d'Abraham.

Merci beaucoup et d'avance pour votre coopération et ainsi de vos réponses.
Les manuscrits de Qumran sont la preuve de l'existence des As'hab el kahf les compagnons des grottes cités dans le coran. Ces écrits sont mentionnés dans le coran par Arrakim qui veut dire écrit. Nous sommes là encore une fois devant un miracle du coran conservé par l'attention divine.
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