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Deux poèmes inédits de la poétesse grecque Sappho exhumés

Nicolas Gary - 29.01.2014

Patrimoine et éducation - Patrimoine - Sappho - Lesbos - poèmes inédits


Contemporaine d'Alcée, la poétesse grecque Sappho vécut entre les VIIe et Vie siècles avant J.-C. Originaire de Mytilène, son oeuvre n'est plus aujourd'hui que composée de fragments que les étudiants s'ingénient à tenter de traduire. Figure littéraire, les éléments concrets sur sa personne nous manquent, et l'on a principalement retenu d'elle son origine, l'île de Lesbos, et bien entendu, l'adjectif saphique, deux éléments associés à l'homosexualité.

 

 

 

 

L'ensemble de ses textes aurait été détruit vers la fin du Xe siècle, et les quelques parchemins ou papyrus qui nous sont parvenus sont rarement plus que des morceaux épars. Seul un de ses poèmes nous est resté dans son intégralité. Pourtant, le Dr Dirk Obbink, papyrologue de renom, a semble-t-il mis la main sur de nouveaux poèmes, jusqu'à lors inédits. C'est en consultant des documents que cet enseignant d'Oxford est tombé sur les textes.

 

Il fait état de documents qui seraient les mieux conservés de ceux dont le monde universitaire a pu profiter jusqu'à lors, explique-t-il, « avec seulement quelques lettres qui ont dû être restaurées dans le premier poème, et pas un seul mot sujet à caution. Son contenu est tout aussi excitant », s'enthousiasme l'universitaire.

 

L'un de deux textes parle de Charaxos et Larichos, deux noms généralement attribués aux frères supposés de Sappho. On y parle de la dernière traversée en mer de Charaxos, mais les premières lignes sont manquantes, et difficile d'y voir clair malgré tout. 

 

Les deux textes retrouvés ont en dénominateur commun d'être rédigés en strophe saphique, la spécificité poétique de la poétesse. Pour le professeur, on peut affirmer maintenant que sur les neuf livres que l'on attribue à l'auteure, tous les poèmes du premier ouvrage relevait d'un contenu biographique, voire familial, avec des poèmes traitant de l'amour et d'Aphrodite. 

 

Selon l'écriture du papyrus, il serait possible de dater le document du IIe ou IIIe siècle apr. J.-C. soit près d'un millénaire après leur rédaction initiale. Les documents ont probablement été conservés dans la ville égyptienne d'Oxyrynchus, qui avait abrité une importante population grecque. Le climat sec et le matériau employé pour fabriquer les papyrus, d'une grande qualité, auront favorisé la conservation. Un marché noir florissant autour des antiquités laisse également croire que de nombreuses autres merveilles pourraient voir le jour…

 

On peut d'ores et déjà trouver en ligne une version numérique des documents

 

via Daily Beast