La République française à l'heure où la Nation est devenue "Charlie"

Cécile Mazin - 01.08.2015

Patrimoine et éducation - Patrimoine - Charlie République - nation solidarité - terrorisme caricature


Michel Winock eut, sur l’après 11 janvier, cette analyse, recueillie par Le Monde : « Des journées de deuil, nous en avons connu : pensons par exemple au 14 juillet 1919. Des journées de colère aussi. Mais des journées de fraternité, c’est très rare. » Les attentats perpétrés chez Charlie Hebdo avaient donc pris cette dimension nationale, fraternelle. Non Fiction vient de consacrer un dossier à cette nation, « dans tous ses états ».

 

Nous sommes Charlie, par Celia LeBot - Les étudiants du CESAN rendent hommage

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

L’unité derrière l’horreur, la nation abasourdie, frappée de stupeur devant quelque chose d’indicible. C’était du terrorisme, plus qu’un attentat, certainement, mais ce qui s’était passé allait prendre une envergure inédite.

 

« Ce jour-là, on parla d’élan national. Les Français manifestaient leur soutien à l’idée de nation. En tête, le Président de la République cherchant à être le symbole d’une nation unie, derrière lui. À ses côtés, les représentants des autres nations européennes, signifiant un pouvoir supranational, l’Europe, ne désintégrant pas la nation française, mais la consolidant. Une Europe des Nations, dont l’idée se trouvait déjà chez Kant, une Europe de la paix, voilà quel était le message.

 

Ce message se voulait politique. Le Président n’était plus l’homme normal, aux prises avec sa vie sentimentale, il retrouvait la distanciation d’un pouvoir politique sacré au service d’hommes et de femmes affolés. Il incarnait la souveraineté, imposant obéissance contre l’ennemi… pouvant aller jusqu’à exiger le sacrifice. »

 

À retrouver sur Non Fiction.