Difficile pour les enseignants de faire apprécier la lecture

Xavier S. Thomann - 29.06.2013

Patrimoine et éducation - A l'international - Lecture - Enfants - GB


On l'imagine, les enseignants, au primaire ou au collège, ont envie de faire aimer la lecture à leurs élèves. Ce n'est donc pas faute d'envie, mais, au Royaume-Uni, les enseignants estiment que le programme ne leur permet pas de le faire. C'est une étude de l'éditeur Egmont qui révèle ce problème. 

 

 Read Across America , Vicenza, Italy - US Army - March 2010

 Lecture dans une classe aux USA

US Army Africa, CC BY 2.0

 

 

Le Egmont Reading Street Study a étudié la situation auprès de 250 enseignants, et ce, dans le but de déterminer les habitudes de lecture des enfants. La plupart des enseignants interrogés travaillent dans des salles de classe, et 77 % à l'école primaire. Selon eux, il y a de moins en moins d'enfants qui lisent par plaisir. C'est du moins ce qu'ils ont pu constater au cours de leur carrière. 

 

Les raisons de ce désamour sont nombreuses et diverses. On peut mettre en cause le peu d'implication de certains parents, ou bien des moyens réduits pour les bibliothèques scolaires. Il ne faut pas négliger la manière dont la lecture est présentée aux enfants à l'école. À force de présenter la lecture comme une simple compétence ou un outil, les enfants finissent par oublier que la lecture peut aussi être source de plaisir. 

 

Cette approche restrictive de la lecture serait à mettre sur le compte des programmes scolaires qui mettent l'accent sur des extraits ; à ce titre, les enseignants auraient de moins en moins l'opportunité de lire des livres à voix haute en classe. C'est pourtant le meilleur moyen qui existe de transmettre l'amour de la lecture. 

 

Au total, 82 % des enseignants interrogés pensent que le gouvernement britannique n'en fait pas assez pour promouvoir la lecture. Encourager la lecture pour le plaisir est pourtant inscrit noir sur blanc dans le programme. Mais les moyens manquent, notamment en terme de bibliothèques scolaires. 

 

L'un des enseignants interrogés a déclaré : « J'ai constaté qu'une fois que les enfants se rendent compte à quel point la lecture c'est bien ils ont envie de continuer, mais cela prend du temps et une bonne connaissance de la littérature jeunesse. C'est dommage que les écoles n'aient plus de bibliothécaires ». En effet, ils sont les mieux placés pour fournir des conseils avisés. 

 

En clair, les enseignants estiment qu'il faudrait leur accorder davantage de liberté, en ce sens que l'enseignement de la lecture se fait surtout dans la perspective de passer des tests. Et, il faudrait enfin plus de moyens pour que la lecture redevienne un plaisir et un loisir à part entière. 

 

(via The Bookseller)