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Discours de la servitude volontaire : ce faux pouvoir que l'on prête aux tyrans

Victor De Sepausy - 01.11.2017

Patrimoine et éducation - Patrimoine - discours servitude volontaire - Boétie tyran peuple - aliénation société peuple


Le 1er novembre 1530, bien avant que l’on ne célèbre Halloween la veille, Étienne de La Boétie vint au monde. Écrivain humaniste et poète français, il fut un très proche ami de Montaigne — qui lui rendit ce célèbre hommage dans les Essais : « En l’amitié dont je parle, elles se mêlent et se confondent l’une en l’autre, d’un mélange si universel, qu’elles effacent, et ne retrouvent plus la couture qui les a jointes. Si on me presse de dire pourquoi je l’aimais, je sens que cela ne se peut exprimer qu’en répondant : Parce que c’était lui, parce que c’était moi. »

 


Etienne de La Boétie

 

L’œuvre majeure de La Boétie reste incontestablement le Contr’un, ou Disours de la servitude volontaire, qui fut originellement publiée par fragments en latin, à partir de 1574, et par la suite, en intégralité deux années plus tard. Et probablement est-ce là l’un des textes que notre époque aurait le plus besoin de relire – gardant à l’esprit qu’Étienne l’écrivit certainement à 18 ans. 

 

Ce plaidoyer contre l’absolutisme démontre, aujourd’hui encore et avec une actualité troublante, combien le confort de l’habitude nous maintient dans une position servile. Et bien avant l’heure du syndrome de Stockhom, La Boétie raconte que les dominés prenant part à leur domination s’en trouvent heureux. Et ainsi, le tyran n’a que le pouvoir qu’on lui concède. « Soyez donc résolus à ne plus servir et vous serez libres », écrit La Boétie.

 

« Certainement le tyran n’aime jamais, et n’est jamais aimé. […] Il ne peut y avoir d’amitié là où se trouvent la cruauté, la déloyauté, l’injustice. Entre méchants, lorsqu’ils s’assemblent, c’est un complot et non une société. Ils ne s’aiment pas, mais se craignent. Ils ne sont pas amis, mais complices. »

 

De l’aliénation d’une société par elle-même, aux racines de l’anarchisme, et de la désobéissance civile, La Boétie livrait une réflexion puissante sur la structure pyramidale, qui régit depuis toujours, semble-t-il, nos sociétés. À relire, incontestablement.

 

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