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Disparition d’Harry Mathews, membre de l’Oulipo

Elodie Pinguet - 27.01.2017

Patrimoine et éducation - A l'international - ami George Perec - membre Oulipo - écrivain américain


L’écrivain américain Harry Mathews est décédé ce 25 janvier à Key West. Grand ami de Georges Perec, il est également membre de l’Oulipo  (Ouvroir de littérature potentielle) et alternait depuis quelques années sa vie en France et aux États-Unis. Il avait 86 ans. C’est son éditeur français P.O.L qui a annoncé la nouvelle sur Twitter.

 

Harry Mathews (Scott Rettberg CC BY SA 2.0)

 

 

D’origine américaine, Harry Mathews est né à New York en 1930. Il est diplômé d’Harvard en musique et abandonnera le domaine peu de temps après son installation en France en 1952. Il publiera ses premiers poèmes dès 1956.

 

Il a rejoint le groupe de poètes de l’École de New York et s’est lié d’amitié avec un John Ashbery, tête d’affiche du groupe. John et Harry, accompagnés par deux autres camarades, vont fonder la revue Locus Solus en 1961. Le nom était inspiré du roman de Raymond Roussel. Le journal proposait de la poésie expérimentale, mais seulement quatre numéros ont vu le jour.

 

 


 

 

Sa carrière de romancier démarre en 1962, lorsqu’il publie son premier roman The Conversions (trad en 1971 par Claude Portail et Denis Roche chez Gallimard). Il en publiera cinq autres, le dernier, My Life in CIA (qu’il a lui-même traduit en français) en 2005.

 

Il fut également un ami proche de George Perec, qu’il rencontre en 1970. C’est Perec lui-même qui donna le nom de Harry Mathews à l’Oulipo qui va le coopter en 1973. Il sera le premier américain à devenir membre du groupe après Marcel Duchamp, entré comme correspondant américain.

 

De son amitié avec Perec est née une collaboration littéraire sur plusieurs années. Ainsi l’auteur de La Disparition a traduit deux livres de Mathews : Les verts champs de moutarde de l’Afghanistan en 1975 et Le Naufrage du stade Odradek en 1981. À l’inverse, Mathews traduit du Perec aux États-Unis

 

De part son appartenance à l’Oulipo, Harry Mathews utilisait principalement trois contraintes d’écriture. La première est la « rime berrychonne » et s’utilise en poésie. La seconde s’intitule l’égal franglais et aborde une histoire de mots anglais et français avec la même orthographe, mais pas le même sens.

 

Georges Perec : la réinvention de l’écriture, mode d’emploi

 

La dernière, l’algorithme de Mathews, est un tableau d’écriture qui opère sur au moins « deux ensembles d’éléments linguistiques hétérogènes ». Il définit un schéma de disposition et de lecture des mots ou des lettres.

 

En France Harry Mathews était édité chez P.O.L. Il avait épousé l’écrivaine Marie Chaix en 1992. Elle avait traduit plusieurs de ses écrits.

 

 

Via site de l'Oulipo