Du Pape François à Benigni : Dante Alighieri, hommage de toute l'Italie

Clément Solym - 05.05.2015

Patrimoine et éducation - A l'international - Dante Alighieri - commémoration mondiale - Divine Comédie


Poète, écrivain, assurément, mais aussi politicien de Florence, Durante degli Alighieri, dit Dante, est actuellement célébré dans toute l'Italie, et à travers le monde. Né quelque part entre la mi-mai et la mi-juin 1265, l'auteur de La Divine Comédie et « père de la langue italienne » on célèbre aujourd'hui le 750e anniversaire de sa naissance. À quelques ridules près, on n'y croirait pas. 

 

 

dante

Antonio Trogu, CC BY NC ND 2.0

 

 

Passer en revue l'ensemble des événements qui seront consacrés à cette commémoration serait fastidieux au possible. Et rappeler combien sa trilogie est une œuvre multiple, dont les ramifications plongent dans l'histoire florentine autant qu'elle s'abreuve aux sources les plus païennes, pour servir une fresque chrétienne... inutile. À travers le monde, autant qu'en Italie, la naissance du poète sera l'événement littéraire majeur de l'année 2015. 

 

Plus de 187 manifestations sont organisées sur le sol italien, et presque autant dans différents pays. Conférences universitaires, lectures, congrès, reconstitutions historiques : tout y passera. Ce 4 mai, l'inauguration est partie de Florence, avec un lancement officiel, et depuis les personnalités les plus diverses évoquent l'auteur. 

 

Le Pape François se souvient du poète qui a affirmé « la possibilité de la rédemption », faisant sortir l'homme de son « donjon naturel [...] pour voir de nouveau les étoiles ». « Prophète de l'espérance », « annonciateur » de la libération, le Pape n'avait que des compliments pour celui qui aide à parcourir « les sombres forêts de l'existence ». 

 

C'est que les Papes se sont souvent heurtés à Dante comme un personnage complexe à évoquer. Certains tentaient de le ramener à la doctrine et l'Église catholique – au Vatican, faisons simple – comme Paul VI ou Jean-Paul II. Mais François lui attribue surtout « la plus grande valeur universelle, qui a encore beaucoup à dire, et a fait un don à travers ses œuvres immortelles ». Et d'annoncer que la commémoration de sa mort en 2021 sera également l'occasion de retrouver les multiples messages de ses livres. (via AGI)

 

À Rome, les murs du Sénat accueillirent pour l'occasion Roberto Benigni, qui a régalé, en direct, les spectateurs et parlementaires d'une intervention pleine d'humour. « C'est bien que l'anniversaire de la naissance soit tombé cette année, parce que s'il était arrivé dans deux ans, le Sénat n'aurait plus été là », plaisante le comédien. 

 

Et d'ajouter, dans une allusion directe au Premier ministre, Matteo Renzi issu du P.D., Parti Démocrate : « D'ailleurs Dante fut un politicien avec un fort tempérament, qui voulait fonder son propre parti : le Partito Dante, un P.D. de l'époque. » Plus sérieusement, il finira son intervention avec la récitation du chant XXXIII du Paradis. « C'est la perfection de l'œuvre, un diamant, un cadeau incroyable, devant lequel je reste comme suspendu », assure-t-il.

 

 

 

 

Dario Franceschini, ministre de la Culture, détaille l'ensemble des événements : « L'idée était d'organiser quelque chose d'excitant, de travailler ensemble, autour de la qualité de l'écriture et de l'activité scientifique, avec autant de formes possibles de participations. Comme le montrent les lectures de Roberto Benigni, il existe une manière de faire de la culture, qui réunit les gens qui, avec les canaux traditionnels, ne seraient jamais arrivés parvenus à la lecture de La Divine Comédie. » (via ADN Kronos)

 

Les instituts culturels italiens hors d'Italie, à Berlin, Stuttgart, Cologne, Hambourg, Monaco, Londres, Édimbourg, Paris, Amsterdam, Bratislava, Zagreb, Helsinki, Madrid, Barcelone, Oslo, Zurich, et Riga, mais également en Amérique du Sud et aux États-Unis ont également prévu d'organiser des manifestations. 

 

En 2021, ce seront les 700 ans de la mort de Dante que l'Italie célébrera. 

 

 

Toutes les célébrations possible, n'est-ce pas ?

Couverture réalisée par Clémentine Mélois, interviewée par Les Histoires Sans Fin